Russie

Mercredi 20 juillet 2005, sdrasvoutie Moscou
                 

Surprise a bord, Moscou serait-il devenu la destination privilegiee du 3eme age americain, nous sommes pratiquement les seuls representants de la tranche - 60 ans. Esperons que ce ne soit pas le cas dans le transsiberien ou le voyage va durer 5 jours…

                 Apres 1 h d attente a la douane, Sophie ne peut s'empecher de photographier "discretement" un flic bedonnant a la casquette imposante pendant que Christophe etait occupe a denicher un moyen economique de gagner le centre ville. Quand tout a coup… "j`me suis fait prendre, j`me suis fait prendre!", Sophie, paniquee, arrive suivie d'un individu en uniforme a la mine patibulaire: "passport pajalousta!". Quelques badauts et rabateurs de taxi s'agglutinent attires par le scandale. Christophe se lance maladroitement a son secours en baragouinant quelques formules de politesse apprises dans l'avion: "sdrasvoutie, eezveenitie… heu…que pasa?". Sophie en fouillant dans son sac fit tomber du sac appareil photo, camera etc… Devant tant de maladresse et notre ridicule, le policier esquissa un leger sourire. Grave erreur. Sophie sauta sur l'occasion et ne lacha plus sa prise: un sourire par-ci, quelques mots dans un melange de russo anglais, 2/3 clignements d'oeil… Il ne pouvait pas s'en sortir, Christophe en sait quelque chose. Le policier rigole en lui rendant son passeport et repart amuse, nous soulages. "Paka" (Salut) lance Sophie en confiance. Certaines fouilles anales ne viennent pas chercher leur origine beaucoup plus loin.
                 Nouvelle epreuve: rejoindre le centre ville. Aucune info, personne ne parle anglais, tout est indique en cyrillique et nous avons oublie le guide a la maison; la tache semble difficile et le taxi beaucoup trop cher (100$). Un taxi soit disant agree nous met le grapin dessus. Il semble avoir autant besoin de nous que nous de lui. Apres d'astucieuses parlementations, nous nous en tirons pour 25 $. A la lumiere du jour on s'apercoit que l'individu est borgne et que sa voiture, une vieille Lada cabossee, illustre a elle seule la Perestroika… Avons-nous vraiment fait une bonne affaire?
                 Dans les embouteillages, nous avons pu profiter des vapeurs d'essence non rafinee des vieux camions sovietiques au son d'une impevisible musette bien francaise! Ambiance surrealiste garantie. Nous arrivons chez Vladimir et Olga, une prof de francais chez qui nous allons passer la nuit.
                 Apres-midi visite, les classiques: la Place Rouge, la cathedrale de Basile le bienheureux (superbe), les jardins de l'hermitage, des mosnasteres orthodoxes et… les galeries commercantes!
                 Durant nos promenades nous sommes surpris par la presence francaise sur les murs de la capitale: Pierre Richard, Gerard Depardieu, Lara Fabian et meme la soeur de Lio!!!
                 La nuit blanche se faisant sentir, nous rentrons et rencontrons en chemin une artiste au francais balbutiant bien decide a s'ameliorer.

Monastère
Jeudi 21 juillet 2005, Drole de rencontre                  

Quelle ne fut pas notre surprise de tomber sur Juliette a notre reveil! Nous l'avions rencontree au "Vieux Campeur" 2 semaines auparavant. Nos itinineraires se suivaient, mais de la à passer la nuit au meme endroit au meme moment…
                 Nous passons la journee ensemble a visiter la ville: ses batiments a l'austerite tres communiste (universite, edifices gouvernementaux…), la colline aux moineux et son point de vue, le cirque de Moscou dont la devanture n'est malheureusement pas a l'image de la qualite de ses representations.
                 Nous dejeunons dans un resto de specialites georgiennes. Comme la plupart des restaurants russes, touristiques ou de quartier, chic ou bouiibouis, nous sommes accueillis par de la danse musique. C est finalement assez carateristiques de cette russie au visage contraste, ou les Lada cotoient les Mercedes. Bon, retournons a table, au menu: crudites de toutes sortes, beignets fourres aux choux et a la viande, aubergine grillees, brochettes et… caviar. Le tout souvent assaisonne d'aneth et de coriandre, deja un parfum d Asie entre ds nos assiettes. Les "grands aventuriers" que nous sommes se sont meme essayes a un blind tests:"×ÑÝÍÆÓÁªÇØÎ". Resultat, du boudin aux trippes (heureusement que c'est tombe sur Christophe). Excepte le caviar ou nos avis sont partages, nous avons trouve la cuisine russe tres delicates et nous apprecions chaque bouchee en pensant au lait de Yak qui nous attend dans peu de temps.
                 Nous nous quittons le soir avec Juliette en laissant au destin le soin de croiser nos chemins a nouveau, chose probable puisque nous prenons le meme train au depart d'Ulaan Bator pour Pekin. We're living in a small world… Sophie reste impressionnee par Juliette qui entreprend seule son voyage d'un an, c est vrai qu'il faut "en avoir"… surtout pour une jeune femme.
                 20h30, nous arrivons en gare et embarquons pour le transsiberien…

Ce n'est qu'un au-revoir
Du vendredi 22 juillet au mardi 26 juillet: le transsiberien

Le train


Il est beau mon train
                 Nous voyageons en 2e classe, la cabine de 4 places est assez confortable avec matelas d'appoint et draps propres. Nous avons aussi un acces illimite au samovar (grosse bouilloire) du wagon qui nous fournit en eau chaude. Grace a cela, nous pourrons nous preparer the, cafe, soupes et pates a gogo.

                 En ce qui concerne l'hygiene, les toilettes sont plus ou moins propres, en tous cas nous avons eu la chance de ne pas passer derriere une 'tourista'! On se lave au gant de toilette et quand on n'en peut plus, on remplit nos gourdes avec l'eau chaude du samovar et c'est un pieds dans les toilettes et l autre sous le lavabot qu,on s'asperge d'eau. Elle est pas belle la vie! A part quelques odeurs de pieds occasionnelles dans le compartrtiment, on s y fait plutot bien.

Nos compagnons de route:
                 2 autres personnes partagent notre nouvelle demeure:
Andrej, russe dans la quarantaine, une bonne vieille carrie entre les chicots de devant, est conducteur de camion et ne balbutie que quelques mots en anglais. La communication fut assez difficile mais le Velleda, le langage des gestes et la mappemonde gonflable ont permis quelques echanges. La vodka et la biere ont eu aussi leur effet en "fluidifiant" la communication. Il ne restera qu'une nuit parmi nous mais notre nez s'en souviendra (et surtout le palais de Christophe): il a eu la bonne idee de nous faire connaitre les coutumes locales et notamment, la degustation de poisson seche et fume arrose de biere. La vodka sert alors de desinfectant et de desodorisant. Essayez et vous comprendrez!
Kenny, 23 ans, americain de Philadelphie, en vadrouille pour quelques mois jusqu'a ce qu il n'ait plus un sou en poche, il table sur 4/5 mois avec un budget de 2500 $. C'est aussi un grand mangeur de "noodles" et un amateur de vodka (premier verre a midi, il est le champion du groupe en la matiere).

First night
Signe particulier: une morsure de crocodile australien a l'avant-bras. Sophie en profite pour lui donner quelques cours de francais. L'eleve est assidu et progresse a mesure que son carnet s'emplit d'expressions indispensables pour seduire la premiere frenchy venue, meme s'il reste incapable de prononcer le "r"!
                 Nous avons aussi fait la rencontre des deux israeliens qui occupent le wagon voisin:
Israel: comme son nom l'indique, il vient…d'Israel. 33 ans et diabetique au plus haut degree, il est avenant et tres sociable. Durant tout le trajet il sera a la recherche d'un briquet, modeste cadeau d'adieu que nous lui ferons. Lui aussi effectue un voyage de plusieurs mois. Signe particulier: cherche une femme pour faire un enfant (et si l'amour est inclu dans le package, tant mieux)
Navet: 28 ans a fait son service militaire dans les forces de combat israeliennes pendant 3 ans, plus un an comme officier. Il est plus discret mais tres sympa aussi. Signe particulier: accent a couper au couteau.

                 La cabine qui les accole est reservee a un trio belge;
Sophie, mere celibataire de 37 ans qui voyage avec son fils Nicolae 3 ans 1/2 et assez turbulent. C'est une femme cultivee qui apprecie les echanges et les discutions animees. Photographe de profession, elle est accompagnee d'Antoine son ex. Signe particulier: bonne vivante, pas derniere sur la vodka non plus.
Antoine: Photographe egalement, ils avaient organize ce voyage avec Sophie du temps ou ils etaient encore ensemble, ses engagements professionnels (reportage photo) ne lui ayant pas laisse d,alternative par la suite. Effraye la premiere journee par la perspective de ces 5 jours enferme dans un wagon, il s'est finalement tres bien acclimate a cette ambiance et ne voulait plus descendre a Irkoutz. Signe particulier: fan des tetes raides, un bon point monsieur.

La vie a bord:
                 La vie dans le wagon est rythmee par les repas et les quelques escales ou chacun se ravitaille aupres des babouchkas locales sur les quais. Au menu: oeufs durs, poissons seches, poulets grilles, panier de fruits des bois (framboise, fraise des bois…), pomme de terre, glaces, pelmeni (boulette) ou pirojki (beignets sales farcis). Finalement, on mange plutot bien et equilibre… Mais les Yaks ne sont plus tres loins.
                 Attention a ne pas descendre sans son passeport et un peu d'argent; il se peut que le train parte sans prevenir, cela nous est arrive, nous sommes remontes juste a temps rappeles par notre "provonidsta" (chef de wagon). On a eu vent de touristes qui n'ont pas eu cette chance la. Entre deux arrets, de longues discutions, des siestes digestives et un brun de lecture occupent nos journees. Le soir, et cela deviendra d'ailleurs un rituel, vodka et musique avec nos compagnons de route. Le dernier soir, la partie endiablee de Jungle speed eut un franc succes. En tout cas pas le temps de s'ennuyer.
                 Les fuseaux horaires defilent et le temps s'ecoule avec une douceur suave. Le 2eme soir nous avons appris avec etonnement que nous avions 3 heures de plus par rapport a Moscou. Lorsque l'on s'est couche a 04h00, le soleil se levait. Nous sommes un peu dephases mais ca n est pas desagreable: on mange quand on a faim, et on dort quand on a sommeil sans se soucier de l'heure qu'il est. Bizzarement, on ne trouve pas le temps de faire ce qu'on avait prevu de faire, c'est a dire rien.

Vodka

Les paysages:
                 Nous avons traverse l`Oural, region la plus industrialisee et donc la plus polluee de Russie, dont les montagnes marquent la separation entre l'Europe et l'Asie. Puis nous rentrons dans la vaste Siberie. Le ciel ensoleille et les 25 degres nous confortent dans notre choix de partir plein ete. La traversee de la Siberie couverte de neige doit etre magnifique, mais nous ne regrettons pas les -35 degres.
                 Les paysages sont jolis malgre la monotonie car le changement est tres progressif. Des plaines parsemees de forets de coniferes ont succedees a une dense taiga a perte de vue. C'est ensuite un paysage valonne et herbeux qui a prit le relais.
                 On guette l'apparition d'un ours, d'un loup ou du mythique tigre de Siberie…mais sans succes.
                 On traverse ici et la des villes et villages ou bien des maisons isolees, les dachas. Faites de bois avec un toit en tole ondulee, elles pourraient semblees a l'abandon si les volets n'etaient pas fraichement peints en bleu et blanc. De temps en temps, des vestiges de la vieille URSS industrielle viennent faire "tache" dans ce beau paysage. Le temps semble s'etre arrete avec ces carcasses rouillees, ses vieux chars russes a la retraite et ces anciennes usines desafectees d'une epoque dechue. Mais, cette vision quasi apocalyptique bercee par le rythme lancinant du train est finallement assez representative de l'Histoire du pays et de son renouveau. Christophe y trouve meme une certaine poesie.

                 En arrivant a Irkoutz, le lac Baikal nous offre ses rivages superbes et son eau cristalline. Le train longe le lac le plus profond du monde (1647m) sur 200 km. Cette etendue d'eau douce, surgie au milieu de nulle part, represente 1/5e des reserves mondiales. Nous sommes a present en pays "bouriate", une ethnie qui se rapproche, par son mode de vie, des Mongols.
Les paysages qui jalonnent le chemin jusqu'a Ulaan Bator sont superbes avec une alternance de fleuves, de rivieres et de collines.Le passage de la frontiere russo-mongole n'a posee aucun probleme si ce n'est les 5h30 de verification de sacs et de papiers qui nous firent attendre a l interieur en plein soleil et dans un chaleur etouffante (40 degres) sans pouvoir sortir sous peine de se faire aboyer dessus par le militaire en poste.