Mexique

Du vendredi 20 au dimanche 22 janvier : " ...mais le bout du tunnel n'est peut-être pas si loin. "
                 
Nous sommes le 20 Janvier, voici maintenant six mois que nous sommes partis soit la moitie de notre voyage effectue.
                 15h00 : c'est l'heure de partir et le trajet qui s'annonce sera sans doute le plus long de toute notre vie : Mexico est grosso modo aux antipodes de Male. Nous allons donc traverser la moitie du globe. Trois vols et deux escales (Singapore/Los Angeles) nous attendent pour un trajet de 33 heures. Pas si long que ça finalement vu la distance parcourue.
                 23h30 : Singapour Airlines direction Singapour 4 heures 30 de vol, arrivée a 7h00 du mat (et boum, + 3 heures de décalage horaire).
                 L'aéroport ressemble à un immense centre commercial futuriste: moquette, Internet gratuit a disposition et bien sur boutiques de luxe et duty free a gogo. C'est le pays de l'électronique et les prix sont alléchants, on aurait bien craque sur un ordinateur portable mais on se contentera d'une clé USB bien utile pour les mises à jour du site. En tout cas, ces plateformes fleuries, colorées et accueillantes sont de bien meilleurs vitrines que notre mega aéroport Charles De Gaulle massif et gris dans un ciel parisien… gris. Et pour les touristes qui enchaînent avec le RER a travers les banlieues nord, c'est déjà le rêve: bienvenue en France, le plus beau pays du monde !
                 9h20 : embarquement pour Tokyo ( 7 heures de vol), et ça c'était pas prévu ! Opodo nous a rajoute une escale de plus…et quelle escale : boum +1 heure de décalage horaire, 30 degrés d'amplitude thermique par rapport a Male et une grosse tempête de neige a l'arrivée.
                 Résultat, 1h d'attente a orbiter au dessus de l'aéroport, et une fois sur la terre ferme, nous restons bloques sur les taxiways enfermes pendant cinq heures dans la carlingue! Ils ne sont apparemment pas habitues a de telles conditions climatiques, les infrastructures semblent insuffisantes : il faut déblayer la piste et dégeler les appareils au départ (presqu'1h chacun !). Heureusement, nous avons des dizaines de films a disposition sur nos petits écrans individuels, ça permet de patienter sans peter un câble. Nous sommes d'ailleurs étonnes de constater avec quelle patience les asiatiques prennent ce contretemps. 5h a une dizaine de metres de la passerelle, en France il y aurait déjà eu la Révolution et des demandes de remboursements. En tout cas belle leçon de savoir vivre. Nous apprenons par le chef de bord que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas et que quarante appareils sont cloues au sol. Le gel et la neige rendent impossible tout décollage, les avions continuent de se poser et tous les parkings sont occupes. L'equation est sans solution, il faut attendre. En tout cas, c'est pas aujourd'hui qu'on va redecoller pour Los Angeles, quand à notre vol pour Mexico, nous l'avons d'ores et déjà rate.
                 Dans l'aéroport c'est l'Armée du Salut : nous sommes des centaines a squatter la moquette et a faire la queue pour la distribution de nourriture et de…sacs de couchage! Une fois de plus, les gens sont d'une patience à toute épreuve et font la queue sans broncher. Finalement c'est assez amusant a voir ce dortoir géant improvise.
                 Nous attendrons une matinée de plus, un petit dej' et le repas de midi pour embarquer. Au total, nous sommes restes bloques 22 heures dans l'aéroport. Nous sommes euh…samedi 21, il est 15h et nous sommes parti depuis euh…

Bonne nuit

                 Samedi 21, 15h : nous embarquons pour un vol de 10 heures pour Los Angeles. Arrivée dimanche a 7h00 du mat (et boum - 17 heures de décalage horaire, vous suivez toujours ?). En dix heures, nous avons vu le soleil se lever et se coucher, mais ou on n'est ? Quelle heure il est ?

                 Dimanche 22, 7h00 : avant de débarquer, le pilote puis l'hôtesse nous précisent a deux reprises de nous munir de nos passeports en descendant. A peine un pied en dehors de l'avion qu'un homme sans même un bonjour nous lance : " passport in your hand ". Cent mètres plus loin, un panneau nous souhaite la bienvenue suivi d'un " attention, soyez prêts a présenter votre passeport ! ". C'est quoi, un jeu de rapidité ? Faut se le coller sur le front et si on ne dégaine pas assez vite direction Guantanamo. Et tout ça pour patienter trente minutes dans la queue pendant qu'une douanière circule avec son chien. C'est alors que le binôme s'approche de Sophie. Tandis que le chien renifle son sac, elle lui demande si elle transporte des denrées illicites. Quel flair Ran Tan Plan! Il a réussi a dénicher deux minuscules sandwichs que nous nous réservions en cas d'attente un peu plus longue que prévue (maintenant on est prévoyant). Apres avoir rempli deux formulaires, on se présente au guichet ou une sorte de webcam nous photographie, puis c'est l'empreinte digitale numérisée. On enchaîne avec passage des bagages au X-ray, déchaussage puis fouille classique. Bienvenue a Gattaca ! Malgré tout, les "Etats-unidiens" sont vraiment sympas et avenants : un sourire, une blagouze et après avoir jeté un coup d'œil a notre passeport, ils n'hésitent pas a nous lancer un " Ok chrisss, this way, " ou un " Sofia, enjoy your flight ! ". Bon, ça c'est fait, il nous faut maintenant aller nous enregistrer sur le vol Air Mexico…
                 A la sortie de l'aéroport, c'est la surprise. Certes, il a pris un coup de vieux, fini le jean retrousse et le Perfecto. Faut dire que ça remonte aux années 70, mais c'est bien lui : Fonzarelli plus connu sous le surnom de Fonzie ! Un des héros de " Happy days " au cote de Richie Cunningham. Nostalgie, nostalgie…
                 C'en est fini des démarches, il nous reste deux heures avant l'embarquement, le temps pour Sophie de squatter a nouveau la moquette pour une heure de sieste. Vu le retard de sommeil qu'on commence à accumuler, terminés les chichis.

                 13h00 : On embarque dans un petit coucou pas rassurant et en plus, nos sièges sont occupes : ah bravo, après tous ces check points ils ont trouve le moyen de nous faire embarquer sur le mauvais vol! Ca nous arrange, on préfère le B737-700 ! Pas de chance cependant, pour notre dernier vol de quatre heures, on nous a file les issues de secours : impossible d'abaisser les sièges, ce qui ne nous a pas empêche de nous assoupir une heure affales sur nos tablettes.
                 Il est 19h00 (et reboum 2 heures de décalage dans la tronche !). On survole la mégalopole de Mexico, l'aéroport est pratiquement en centre ville. Des milliards de lumières scintillent jusque sur les collines, c'est féerique.
Un taxi, une chambre, une douche, manger puis dormir…enfin.

Chuttt

Lundi 23 Janvier : La Cathedral guest house
                 Ces deux jours de trajet et ces multiples changement d'horaires nous ont complètement déphases. Résultat, on se réveille a 5h00 du mat. On n'avait pas chipote la veille mais l'hôtel est un peu cher. Du coup on change pour la Cathedral guesthouse en dortoir, nous sommes cependant surpris de constater que les prix sont proches de ceux de la France. Nous sommes en plein centre-ville, les petits déjeuners sont compris, il y a une cuisine pour se faire la popote et des soirées sont proposées. Bref, c'est " royal au bar ". Ce soir c'est cinéma : Fresa y chocolate, un film cubain l'histoire d'un homosexuel et de son protége sous fond de revolution et de liberte artistique. On essaye de veiller encore un peu pour retrouver un rythme normal mais les paupières sont lourdes.
                 Nous sommes six dans le dortoir compose de trois lits superposes. Pas de bol, notre voisin de chambrée qui a du forcer sur la bière (vu les cadavres au pied de son lit) est malade. Un détecteur de mouvements s'allume à chaque fois qu'il se lève pour aller vomir en nous envoyant un flash en pleine tronche. On appelle ça ici, la revanche de Moctezuma, tout du moins quand il s'agit d'amibes… En plus de ça, le couple part a 4h00 du mat causant forcement un peu de remue-ménage. De tout façon, on s'en fout : Sophie est réveillée depuis 3h00, Christophe 4h30 ! C'est foutu, on ne peut plus fermer l'œil.

Mardi 24 Janvier : Promenade coloniale
                 Entre deux séances d'Internet, on s'octroie une petite ballade coloniale. Tout est immense : la ville (20 millions d'habitants la plus grande mégalopole au monde), les rues, les édifices et même les gâteaux a étages qui font deux mètres de haut ! En appréciant les voûtes gigantesques des églises, on prend conscience d'une des différences majeures entre catholicisme et bouddhisme/hindouisme. Alors que les monastères et temples d'Asie sont de dimension humaine, tout ici est fait pour nous rappeler que l'homme est un être minuscule face à la grandeur de Dieu. En déambulant entre le chœur, la sacristie et l'autel, notre regard est constamment happe vers les " cieux " : tableaux, crucifix ou orgues nous surplombent, a la différence des temples ou les effigies sont a hauteur d'homme.
                 Nous déambulons dans les rues pavées bordées de bâtiments coloniaux. Des marchants ambulants ont envahi les rues pourtant larges et il est difficiles de se frayer un chemin. Il y a des étalages partout, on y trouve de la bretelle de soutien-gorge aux antennes voitures en passant par les jouets pour enfants. La musique bat son plein, du rock, de la techno et des rythmes latinos résonnent à l'unisson. Un homme est la pour faire le guet. Tout a coup, il siffle, tout le monde remballe vite fait. C'était une fausse alerte, deuxième coup de sifflet et tout a repris a nouveau sa place.
                 Qu'il est bon de se promener a nouveau incognito sans se faire aborder ou harceler. Ici les prix sont affiches et c'est un plaisir que de ne pas avoir à marchander pour la moindre babiole. Pas de voitures qui klaxonnent a tout bout de champs, de rickshaws qui vous frolent, de bicyclettes qui vous roulent sur les pieds, une vraie chaussée pour marcher… L'Inde était captivante, le Mexique est reposant…

Petite aparté :
                 Parfois on ne peut s"empêcher de penser à des choses politiquement incorrectes. Mais nous avouons que la première chose qui nous a sauté à l'esprit quand nous avons débarques Mexico après six mois de voyage en Asie fut " vive la globalisation ". Même Christophe qui proteste et joue des pieds et des poings contre la mondialisation a joui de ses " bienfaits ". En effet, quand on voyage autour de la planète, il arrive que l'envie de se retrouver chez soi éclate soudain. D'accord les usages et les coutumes locaux, d'accord les produits et la nourriture de facture autochtone, d'accord les toilettes sans chasse d'eau et les lits longs de 155 cm. Mais après des mois d'immersion totale dans le " made in local ", quelques saints points de repères " globaux " peuvent faire beaucoup de bien. Et si la globalisation, guidée par les multinationales des pays riches et méchants n'était en réalité qu'un cadeau inespéré pour les voyageurs au long cours ? Merci pour le Nutella, merci pour le lait concentre Nestlé, pour ce couteau Suisse multi usage et merci aussi pour ce petit vin chilien.

                 Sur le retour nous traversons le Zocalo, nom désignant la place principale des villes au Mexique, un lieu privilégie d'animation. Celle de Mexico city est l'une des plus grande place au monde après la Place rouge. Elle est encadrée par de magnifiques bâtiments coloniaux, la cathédrale, et le Palacio nacional…puis un peu plus loin, la cathedral guest house !


Zocalo politique

                Triste nouvelle aujourd´hui, Christophe apprend le décès de Kriko, l'arménien marseillais, pote de promo et partenaire sur les terrains de rugby. " Tu t'en vas emporté par cette avalanche tout recouvert de son linceul blanc. Tu n'aurais probablement pas souhaité plus beau caveau, les terrains montagneux rivalisant dans ton cœur avec ceux de l'ovalie. Et te connaissant, loin de te reposer la haut, je suis sur que tu trouveras bien un Fouroux ou un Jean Prat pour taquiner le ballon. Bon vent l'ami."



Danseur aztèque

Mercredi 25 Janvier : Animation sur le Zocalo
                 De nombreux spectacles se produisent sur le Zocalo. Ce soir nous assistons a des danses aztèques dont les danseurs costumes battent le rythme des percussions avec leurs grelots aux chevilles. Un autre soir, on a été souffle par deux jeunes gymnastes qui ont enchaîne prouesses physiques et techniques avec des numéros de jonglages et de diabolo. Et quand il n'y a pas spectacles ou concerts, ce sont les meetings politiques ou chacun y va de sa tribune. Bref, on ne s'ennuie jamais sur la place du " village ".
                 A la guest, nous faisons la rencontre de Patrick et Elsa, deux infirmiers toulousains avec qui nous partageons le dortoir et d'Emilie, une institutrice suisse venue faire de la coopération pendant six mois.

Jeudi 26 Janvier : A " l'amerixicaine "
                 En effectuant plusieurs fois par jour le trajet guest-Internet café, on peut observer la rue. On se croirait parfois dans " Shérif fais-moi peur " avec les Mustangs, les pick-up Dodge et les vieilles chevrolet. Il y a aussi beaucoup de Coccinelle, parfois reconvertie en taxis verts.
                 Quand aux mexicains, les femmes comme les hommes sont sujets à l'embonpoint. Certes, on sait bien que le guacamole n'est pas conseille pour les regimes-minceur. Mais, quand on regarde les vieilles photos d'indiens ou de révolutionnaires comme Zapatta ou Pancho Villa qui devaient déjà connaître le régime avocat-maïs, on se dit qu'il s'est passe quelque chose...Ben c'est bien sur, les mexicains sont les deuxièmes plus " gros " consommateurs de sodas après les USA. Apparemment, l'eau est une drôle de boisson que les mexicains ne consomment pratiquement pas. On les voit a table dans les cantinas avec leur bouteille de Fanta, Sprite ou Coca en tête, ou bien dans la rue avec leur sac plastique d'ou sort une paille, et ce n'est pas des jus de fruits. On a même vu des poubelles sponsorisées a la fois par l'Unesco, patrimoine mondial de l'humanité, et par Coca-Cola, boisson mondiale de l'humanité! Concernant leur alimentation, tout est a base de maïs: enchilladas, quesadillas, tortas, fajitas, tortillas fourrées de fromage, haricots, viande, sans parler des chips qui se vendent partout nappées d'une sauce bien grasse… Ici, même les fruits sont soupoudres de piment, et le citron, ils en mettent partout y compris dans les chips.


                 Pas difficile de s'alimenter au Mexique, il n'y a pas vraiment d'heure, les mexicains mangent quand ils ont faim, si bien qu'a chaque coin de rue il y a des puestos, petits bouis-bouis ambulants. Christophe apprecie beaucoup les quesadillas au maïs bleu, ça ressemble a des galettes d'argile, Sophie quant a elle trouve que ça en a même le goût !

Chaude la tortilla

                 Question look, évidemment on est loin de Zapatta mais le chapeau et les tiags sont encore de mises chez les " anciens ", et même chez des jeunes qui " customisent " leur chapeau en faisant des trous dedans. Les femmes, de leur cote, arborent très souvent une frange à la Mireille Matthieu bien roulée à la brosse et au séchoir, on pourrait y passer le bras!

                 On se retrouve le soir en compagnie de Patrick, Elsa et Emilie pour un Mexico by night. Direction Zona rosa en métro, le quartier répute pour ses soirées, probablement en raison de sa forte communauté gaie. Beaucoup de rabatteurs mais pas beaucoup d'ambiance. Nous atterrissons dans une boite salsa presque déserte, comme la plupart des discos du coin. Apres quelques bières l'ambiance s'est un peu réchauffée et nous nous lançons à l'assaut de la piste de danse. Il est 2h30, ça ferme, on nous fout gentiment dehors. Espérons que nos prochaines soirées mexicaines seront un peu plus à la hauteur de la réputation du pays. Caramba !


A la Cathedral guesthouse

Vendredi 27 janvier : Quand est-ce qu'on va récupérer ?
                 Notre colocataire, un jeune allemand vient apparemment de se faire plaquer en même temps qu'il a choppe une tourista (la revanche de Moctezuma n'épargnera personne…) et passe ses journées entre son lit, les toilettes et sa bouteille de coca. Ca n'est pourtant pas l'endroit idéal pour se reposer, la guest est super bruyante. Il y a deux bars : un au rez-de-chaussée et un sur la terrasse ouvert jusqu'à 4h du mat la musique a fond les ballons. Nous sommes au dernier étage, on vous laisse imaginer…

Samedi 28 Janvier : Querétaro
                 Nous abandonnons Mexico city, nous la visiterons plus tard. Nous voici donc lances à l'assaut du Mexique colonial. Premiere ville visitée : Querétaro a 220 Km au nord.
                 Le centre-ville est d'une propreté irréprochable, les rues pavées sont larges et certaines sont uniquement piétonnes, bordées de maisons coloniales aux couleurs chaudes. A la nuit tombée, des stands d'artisanat s'installent ainsi que des vendeurs de ballons. Tout le monde est de sortie : les enfants jouent a la balle a rebondir ou font du vélo, les familles flânent et les amoureux s'embrassent sous les arbres impeccablement tailles. Quelques indiennes encore habillées traditionnellement avec leurs nattes attachées dans le dos sont aussi présentes, mais pas pour les mêmes raisons : elles vendent des poupées ou de l'artisanat indien. On se retrouve pour manger une glace ou pour suivre les " callejoneadas " sur la Plaza de Armas. Nous sommes samedi, et comme toutes les semaines, un groupe d'une dizaine de musiciens et chanteurs fredonnent les airs traditionnels mexicains tout en parcourant les ruelles du centre-ville. Il est très agréable de s'y balader, on pourrait facilement se croire dans un de nos pays dit " développes ". Il y a des belles voitures partout, c'est propre, familial et ça consomme. Bien sur, ces centres villes sont une vitrine, des qu'on en franchit la limite, c'est beaucoup moins propret et la misère est bien visible. Le Mexique est un des pays les plus riches d'Amérique latine, notamment grâce à la proximité de son puissant voisin, les Etats Unis. La vie ici est bien plus proche du mode de vie occidental (en matière de confort et d'équipement) qu'en Asie. Cependant, comme dans beaucoup d'anciennes républiques bananières, les fruits de la croissance n'ont pas été distribues de manière équitables et le Mexique compte 40 millions de pauvres sur 100 millions d'habitants, dont énormément d'indiens… bizarre, bizarre…
                 En rentrant à la guest, nous faisons la connaissance d'un groupe d'étudiants français à l'apéro. On les abandonnera vers 01h00 avant leur départ pour la boite techno du coin. Et oui on se fait vieux, nous préférons maintenant les sonorités latines…

Dimanche 29 Janvier : Un peu de vocabulaire…
                 En se promenant nous découvrons les multiples églises bâties par les espagnols. Il y en a tellement que nous pouvons apercevoir simultanément les clochers de quatre d'entre elles…

                 (Bon, le moment est venu de vous donner quelques définitions; quitte à ce que le carnet soit ennuyeux, autant qu'il le soit vraiment, et en plus ça vous servira si vous n'avez pas encore lu " Da Vinci Code").

                 …certaines furent érigées par les Franciscains (ordre des frères mineurs. Les premiers Franciscains suivirent un idéal de pauvreté totale; ils ne possédaient rien en commun ou individuellement. Il leur était interdit d'accepter l'argent, leur vie quotidienne était le travail et la prière. Ils portaient une tunique grise avec une corde blanche à la taille. La prédication, l'enseignement, les missions étrangères, et le travail de paroisse restent le travail du Franciscain d'aujourd'hui), d'autres par les Dominicains (ordre des frères prêcheurs. Les Dominicains recevaient une formation théologique rigoureuse afin de prêcher et de répondre à des objections contre la foi chrétienne, de dépister les hérétiques. Ils devaient être pauvres et voyager à pied. Ils étaient habillés avec une tunique blanche et un grand manteau a capuche noire. Saint Thomas d'Aquin était un de leurs représentants les plus importants. C'est a eux que l'on " doit " l'Inquisition). Quant aux Jésuites, on leur doit surtout les bibliothèques (société de Jésus. Dès le début, les Jésuites se sont concentrés sur des missions d'éducation. Ils ont établi des missions dans l'ensemble de l'Amérique latine et ont fondé une commune modèle pour des Indiens Paraguayen. Les Jésuites fondèrent des écoles dans presque chaque ville européenne importante et demeurèrent les chefs de file dans l'éducation jusqu' au 18ème siècle).
                 De style baroque (style décoratif de formes abondantes, élaborées et ornées). ou churrigueresque (baroque mexicain), leur portail de pierre sculptée est souvent très imposant. A l'intérieur, les murs supportent parfois des retables dores (panneaux verticaux au-dessus d'un autel) complètement exubérants et les statues peintes sont souvent très expressives. Nous retenons surtout ces Christ dont le martyre est rendu a son paroxysme: blessures, sang, visage blafard tout est fait pour nous montrer sa souffrance, c'est un moribond presque effrayant.


La nuit des mort-vivants

Allo, Jesu's speaking

                 Plusieurs restaurants se sont installes dans de vieilles maisons coloniales caractéristiques: plafond de cinq mètres de haut, balcons en fer forge, patios et mezzanines. Ca fait rêver…
                 Pour les amateurs d'art, nous avons été captive aujourd´hui par un peintre mexicain, Santiago Carbonell lors d'une exposition. Sa peinture est un mélange de sang, de sacre, de sensualité et de piété avec un coup de pinceau magnifiant l'expression des visages. Superbe !

Lundi 30 Janvier : San Miguel de Allende
                 Nous prenons le bus pour San Miguel de Allende. A 1850 m d'altitude, cette adorable ville coloniale est devenue le rendez-vous des "gringos vieillissants " qui viennent passer leur retraite dans ce havre de paix et de soleil, la Floride en terre mexicaine... Sur le zocalo, l'anglais a détrône l'espagnol, on a l'impression d'être aux Etats-Unis. Ils se connaissent tous entre eux, conduisent des Hammers et promènent leur chien bien coiffe. Porfirio Diaz, dictateur mexicain de la fin du XIXeme siècle, lança un jour cette célèbre phrase : " la grande contradiction du pays sera toujours d'être si loin de Dieu et si près des Etats-Unis ". On ne sait pas trop quoi en penser ! Sinon pour l'anecdote, l'origine du mot " gringo " part d'un malentendu : en date de 1846 pendant la guerre entre le Mexique et les Etats-Unis, les troupes américaines allaient au combat en chantant " Green grows the grass ", que les mexicains comprenaient comme " Gringos the grass "


Gringos

                Ca vient un peu comme un cheveu sur la soupe mais depuis notre arrivée au Mexique, nous avons remarque la présence d'un grand nombre d'aveugles dans les rues. Ils font souvent la manche, jouent d'un instrument de musique, chantent ou vendent des babioles.
                 A part ça la ville est vraiment très chouette avec ses maisons colorées, ses placettes et…ses églises, bien sur. Apres avoir fait le plein de temples hindous et monastères bouddhiques, les églises prennent le relais : de San Rafael, de la Conception, de San Felipe Neri, de la Salud, des églises, des églises et encore des églises ! Heureusement ici, les églises sont bien plus gaies que chez nous, en plus d'avoir des façades de toutes les couleurs, elles nous réservent quelques surprises a l'intérieur comme ces ex-voto pour le moins originaux (dons offerts par les fidèles en remerciement d'une grâce " divine " telle une guérison). Nous verrons aux pieds de la Vierge des poupées et des petites voitures style Majorette. Ce dalmatien, un moine crucifie, cet autre à la peau noire ou cette tête de mort auprès des saints sont aussi très surprenants. Malgré le nombre d'églises, la population a tendance à être de moins en moins pratiquante, notamment en raison de l'apparition de sectes dans les années 60 comme les témoins de Jéhovah, les adventistes, les mormons ou les christianos. D'où parfois ces étiquettes collées sur certaines maisons : " Aquí somos catolicos, no aceptamos propaganda de otras religiones ". Nous remarquons cependant que même si la religion perd du terrain, il pousse autant de magasins d'effigies religieuses ici que de bistrots dans Paris.
                 Des qu'une porte est entr'ouverte, on la pousse. On découvre des cours fleuries, des fontaines, la fraîcheur de patios aux arches somptueuses, l'odeur des orangers…et on imagine la maison de nos rêves. On glanera quelques idées, on ne sait jamais !
Face au Zocalo se dresse la Parroquia de San Miguel dont le neo-gothisme n'est pas sans rappeler la Sagrada familia de Gaudi à Barcelone. Comme de nombreux édifices elle est actuellement en rénovation.
                 Nous logeons dans un guest sympathique ou nous avons la chance d'avoir un dortoir pour nous tous seuls, ce qui n'est pas du luxe vu la taille de la chambre. Comme à Querétaro c'est un couloir ou il est impossible de défaire son sac sans investir le reste de l'espace. A cote de ces demeures aux proportions gigantesque que nous visitons la journée, y'a comme un décalage.
                 Comme nous avons une cuisine a disposition, Sophie se remet un peu aux fourneaux, ça faisait six mois qu'elle n'avait pas touche une casserole ! On y retrouve une allemande dans la cinquantaine, médecin a la retraite qui voyage seule la moitie de l'année, entre deux sessions universitaires où elle suit des cours. A cote de ce qu'elle a fait et vu, a une époque ou voyager était bien moins facile qu'aujourd'hui (6 mois seule a 23 ans en Chine dans les années 80, la Russie et les pays satellites période guerre froide etc…), notre petite ballade semble de la gnognotte ! Et en plus de ça elle parle couramment anglais, français, allemand et se débrouille bien en espagnol, italien, russe et indonésien. Nous sommes admiratifs et envieux de ne pas avoir pu découvrir tous ces pays avant que le processus d'uniformisation ne change tout ça de manière définitive.

Mardi 31 Janvier : Quelle courtoisie !
                 Nous prenons le bus pour visiter Atotonilco, un village isole à 15 Km. Son église est en effet très belle avec ses fenêtres en forme de croix et ses fresques sur les murs et plafonds.
                 De retour a San Miguel, nous grimpons jusqu'en haut de la colline pour y admirer le point de vue puis terminons l'après-midi a l'école des beaux-Arts. Situe dans un ancien couvent, l'endroit est très reposant avec sa fontaine et ses plantes vertes. Sophie s'y attardera plus longtemps pour s'adonner à l'aquarelle pendant que Christophe ira se dégourdir les jambes.
                 Nous avons note aujourd'hui à quel point les mexicains sont courtois. Les gens ne se bousculent pas et laissent la priorité. Quand aux conducteurs, ils s'arrêtent systématiquement pour nous laisser traverser même si nous ne sommes pas engages, et tout ça, avec le sourire !

Sergent Garcia

Mercredi 1er Février : Sortie des bronzes III !!!
                 On est reparti pour Guanajuato. Ici le réseau d'autobus est vraiment très efficaces. C'est au Mexique le moyen de transport par excellence. Chaque ville a sa (ou ses) gare routière parfois immense. On prend le bus comme d'autres prennent l'avion. Les cars approchant parfois la centaine selon la taille des villes sont parques comme des avions autour d'un terminal. Le hall ressemble lui aussi a celui d'un aéroport avec tous les comptoirs des différentes compagnies et de vastes salles d'attentes. Y'a plus qu'a faire son choix. Nous optons pour le Flecha amarilla, la plus économique. Il nous est arrive de ne pas avoir le choix et de devoir prendre le bus première classe, et bien c'est grand luxe : on a les toilettes dans le fond, la climatisation, les sièges super rabattables, un DVD sur les écrans et un casse-croûte avec boisson. Les cars sont confortables et surtout très propre compares a ceux qu'on a pu prendre en Asie. Comme là-bas, y'a de la musique, et ça c'est sympa, a condition de ne pas pousser le volume demasiado fuerte! Décidément la France fait figure de pays bien triste dans ces transports en communs. On en profite pour faire un quizz des reprises anglo-saxonnes en espagnol. Plus fort que les birmans, Elton John, Scorpion, ils y passent tous... " Te estoy todavia querrannnnnnnnnndo... ". Autre petit détail ; la vitesse limite pour les bus est de 95Km/heure. A l'intérieur, un voyant lumineux s'allume à chaque fois qu'elle est dépassée si bien que les passagers savent lorsque le chauffeur a le pied un peu trop lourd…

                Guanajuato est une ancienne ville minière coincée au milieu des collines sur lesquelles les maisons n'ont pas hésite a s'entasser. Du haut de la terrasse de Casa Bertha la ville nous semble être un enchevêtrement de maisons toutes plus colorées les unes que les autres, tout l'éventail des couleurs de l'arc en ciel est représenté. En s'aventurant dans ce labyrinthe, on prend plaisir a se perdre dans ses ruelles qui montent puis descendent. On débouche sur des placettes, des fontaines ou bien…des escaliers. Les ruelles sont parfois si étroites que l'on peut s'embrasser de balcon a balcon. L'une d'elle d'ailleurs, connue sous le nom de " callejon del beso " (la ruelle du baiser), est célèbre pour son remake de Roméo et Juliette.



Guanajuato

Jesus's Touch
                 On a encore le temps de visiter le Théâtre Juarez : architecture néoclassique, décoration Art nouveau et magnifique parquet verni.
                 Contrairement à San Miguel de Allende, la ville n'est pas envahie par les américains. Bien que touristique, sa population estudiantine en fait une ville jeune et dynamique.
                 Apres quelques courses, nous nous posons dans le Jardin de la Union ; c'est l'heure de la " Hora feliz " ou " happy hour ". Deux Sol pour le prix d'une et en prime les mariachis ! Puis dîner a la guest, les avocats sont vraiment délicieux dans ce pays et on en profite pour se régaler de salades tomates-oignons-avocats. Eglises, mariachis, avocats et Corona, on est en plein dans les cliches mexicains !

                 En soirée, nous découvrons un bar salsa complètement délire qui pousse l'originalité jusqu'à son nom : " La dama de las camelias, es el " (La dame aux camélias, c'est lui). Les murs sont tapisses de fresques, de portraits d'artistes de cinéma noir et blanc, de collages et de partitions de musiques, de miroirs, de nus des années folles et le bar est surmonte d'une rangée de talons aiguilles, le tout formant un ensemble complètement baroque. Le son est bon mais on est cinq ! Dame la mano…

Jeudi 2 Février : La Muerte
                 En descendant vers le jardin de la Union, nous sommes surpris de voir une longue file de vieux mexicains le chapeau sur la tête en train d'attendre patiemment devant une porte. Apres information, ces personnes ont travaille aux Etats-Unis (comme beaucoup ici) et ont cotises une sorte d'assurance pendant des années. Cet argent, récolte par le gouvernement américain, a été transfere au gouvernement mexicain afin d'être rendu aux intéresses. Mais le Mexique a tarde pour leur rendre. Bizarrement, les élections approchent et, comme par hasard, l'Etat devient philanthrope. Malheureusement ces anciens travailleurs ne récolteront pas la totalité de leur " retraite ". L'élection suivante peut être...
                 Aujourd'hui, c'est musée et on peut dire que la ville en collectionne des originaux. Nous débutons par celui de la Momie. Perdu au milieu de nulle par, on y arrive a pied après une heure de marche et quelques escaliers montes et descendus. Mais avant de vous raconter la visite, il faut comprendre les rapports que les mexicains entretiennent avec la mort, et qui expliquent l'existence de ce type de musée. Alors qu'en Europe nous nous efforçons d'oublier l'inévitable fin en occultant la moindre référence, au Mexique la " flaca " est désinvolte, la " catrina " est irrévérencieuse, sans angoisse, amicale et un peu envahissante. De nombreux lieux sont baptises par de noms lugubres : la calzada del Hueso (avenue des Os), Barranca del Muerto (ville appelée le précipice de la mort), Bar la Calavera (le squelette), etc… Quant a la fête des morts en novembre, elle est une des plus spectaculaires du Mexique et revêt un caractère beaucoup plus festif que chez nous. Dans chaque maison un autel est dresse en l'honneur des morts, les cimetières sont en fête, les parents apportent sur les tombes des offrandes, des fleurs et …des musiciens pour jouer les morceaux préfères du défunt. A cela s'ajoutent masques et déguisements a la Halloween. Même l'artisanat reflète ce culte de la Mort avec ces poupées-squelette rappelant " Corpse Bride ", le film de Tim Burton. L'art pictural aussi est souvent violent et morbide (comme le peintre Santiago Carbonell).

                Mais, bien au delà des frontières du Mexique, cette commémoration est typique au continent sud américain : elle mixe les rituels funèbres des ancêtres indigènes et la liturgie catholique imposée par les conquérants espagnols au XVIeme siècle. On retrouve les concepts indigènes du voyage de l'âme au pays des morts, de la communication entre les morts et les vivants et de la vie qui continue après la mort ; le tout brassé aux notions chrétiennes du Jugement dernier, du Ciel, du purgatoire, des limbes et de l'enfer.

En chair et en os

                 Revenons à nos moutons pour ne pas dire à nos momies. Le musée est une succession de salles ou sont exposées une centaine de cadavres, le visage fige à tout jamais. Ca fait vraiment bizarre ; en entrant dans une nouvelle salle on se sent mal a chaque fois, pas moyen de s'habituer a ces corps seches parfois dévêtus ou complètement habilles de vêtements d'époque (fin XIX début XX) et encore mieux, avec seulement des bottes aux pieds ! Ces corps ont été exhumes dans un état de conservation exceptionnel en raison de la composition du sol et de l'air très sec, aucun rapport avec le processus de momification de Ramsès ! Pour rentrer dans les détails, les poils pubiens, ceux des jambes et du torse et même les parties génitales sont encore bien visibles (et bien fournies...). Le plus étrange sont ces momies d'enfants, de bébés ou de fœtus.


Momie
                Il semble que ce soit une des attractions favorites des touristes mexicains. Un photographe professionnel est la pour photographier les familles en visite devant une momie " debout " pour l'occasion. Les couples n'hésitent pas y venir avec une gamine de trois ans dans sa poussette, qui arrive juste a la hauteur de ces visages macabres grimaçants. Fais de beaux rêves ma puce...

                 On termine par le musée de la Mort qui en fait partie. C'est pas mal non plus. Cette fois on se croirait dans la maison fantôme de la Foire de Trône. Un couloir sombre avec fausses araignées dans des toiles, lumière qui éclaire un squelette quand on passe devant etc…On retiendra surtout ce cercueil tapisse de pieux sur lesquelles est empale un homme condamne par l'Inquisition qui pensait ainsi lui infliger des souffrances dans l'au-delà. Mais de qui se moquent-ils, comment peut-on souffrir après la mort puisque selon l'Eglise il ne subsiste que l'âme ? En tous cas, étrange comportement pas tout a fait en accord avec les doctrines catholiques... Il y a aussi tous ces objets de torture et la fameuse ceinture de chasteté qui assurait la fidélité de l'épouse pendant les absences du mari. Ben ouais, si t'assures pas faut t'assurer autrement mon gars !
                 Petite séance de peinture pour Sophie qui s'inspire du panorama de la terrasse de la guest avant de grimper au Pipila, immense statue d'un héros mexicain de la guerre d'indépendance. L'esplanade, au sommet de la colline, surplombe la ville et offre une vue splendide sur les monuments, notamment la magnifique basilique de Nuestra Señora de Guanajuato.
                 La cuisine est LE lieu idéal pour nouer les rencontres entre deux séances d'épluchage d'oignons. Ce matin un couple de canadiens la cinquantaine et hier, on a fait la rencontre de Papi Brossard, Alain de son nom, un prof d'économie français à la retraite venu travailler dans les archives de la ville.
                 Christophe ira finir sa soirée au bar-fly (rien a voir avec son consœur des Champs-Élysées), bar mélangeant les populations estudiantines et touristiques. Sol, Corona et India sont avalées sous fond de rock espagnol, ska et reggae.

Vendredi 3 Février : Les estudiantines
                 A quelques kilomètres en bus se trouve (ça va vous surprendre) une belle église au portail churrigueresque (normalement tout le monde sait ce que c'est maintenant).


Héros "national"
 
               Apres ça nous décidons d'aller visiter les mines d'or et d'argent de Valenciana mais nous trouvons une porte close : Elle vient d'être vendue aux canadiens. Le deuxième musée que nous visitons est celui dédie a Don Quichotte. La ville s'est en effet pris de passion pour ce pourfendeur de moulin, et compte tenu du nombre d'effigies qu'on peut voir ici et la, on devine qu'on a affaire a un véritable culte au Mexique. Sophie, qui n'a pas lu le classique, espérait y découvrir l'histoire écrite par Cervantès mais nous nous contenterons de représentations de Don Quichotte et de son fidèle écuyer Sancho Panza, toutes plus originales les unes que les autres avec notamment une lithographie de Dali.

                 Nous passons le début de soirée avec Alain. Devant l'église San Diego du jardin de la Union se rassemblent les Callejoneadas. Des musiciens, pour la plupart des étudiants, d'où la seconde appellation d' " estudiantines ", sont vêtus de costumes d'époque et jouent les classiques de la chanson mexicaine. Une vieille femme au ventre imposant semble être la mascotte ; elle danse comme ces nymphettes dans les clips de R&B et embrasse les musiciens a tour de bras (tout en ramassant quelques petites piecettes). Puis le leader invite les gens à les suivre en musique, déambulant dans les ruelles jusqu'à ce cortège festif soit mis a contribution. Parfois ils s'arrêtent et improvisent un petit sketch. Nous ne sommes pas forcement assez doues en espagnol pour comprendre toutes les nuances de l'humour mexicain, mais en tout cas, cette tradition qui voulait que les jeunes chantent la sérénade sous le balcon de leur belle, perdure maintenant de manière fort sympathique.
                 Nous terminons la soirée a écumer les bars : d'abord le Barfly pour se mettre dans l'ambiance (rien a voir avec sa consœur des Champs Elysees) puis El bar ou nous nous remettons difficilement a la salsa, et enfin a la Damas de los camelias ou nous retrouvons Sergio un prof d'espagnol tombe amoureux de Christophe la veille au Barfly.

Samedi 4 Février : Cui-cui
                 Y'a un oiseau en cage sur la terrasse de la guest ! Son chant est très mélodieux mais Sophie ne supporte pas de le voir derrière des barreaux. Pierre, son petit diable (ou ange) lui fredonne " ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux, regardez-les s'envoler c'est beau ". Si mal lui en prenait, elle aurait de sérieux problèmes avec la femme de ménage qui apprécie beaucoup ses mélodies. Il est en effet très courant au Mexique d'avoir des oiseaux en cage ou dans des volières. Heureusement, il y en a énormément en liberté, on voit régulièrement des colibris, des cardinaux, des pics-verts et une myriade d'autres oiseaux multicolores.
                 Dernier petit dej' en compagnie d'Alain puis on file en 5 heures de bus a Guadalajara. En plus d'être un test pour la prononciation, Guadalajara est la deuxième plus grande ville du pays. Sans vraiment de charme, elle est cependant réputée pour sa vie nocturne. Et oui, les mariachis et leurs sombreros sont nés ici et la Tequila trouve ses racines a quelques kilomètres. Tout semble réuni pour de belles fiestas. Nous nous lançons donc plein de fièvre a l'assaut de la nuit mexicaine et atterrissons a la Mutualista.
                 Il y a ce soir un concert de musiques latine. Des les premiers accords la piste de danse est envahie et l'ambiance plutôt bon enfant. On en profite pour goûter enfin à la Tequila. Comme la vodka russe, la tequila mexicaine est bien plus suave que celles qu'on trouve dans les rayons de nos supermarchés. Un petit doute nous titille cependant: sel-Tequila-citron ou citron-sel-Tequila ?...

Dimanche 5 Février : Mexico, Mexiiiiiiiiiiico
                 Aujourd'hui, on visite les alentours de Guadalajara. En un petit tour de bus, nous voici a Tonala ou c'est jour de marche. L'artisanat qu'on y trouve est assez grossier en comparaison à l'Asie, pas très beau et même très kitch notamment les bibelots religieux. C'est pas Lourdes mais on en est plus très loin. Sophie s'amuse à imaginer un intérieur mexicain avec tous ces objets, ça doit être quelque chose...


Decorafion


                 On enchaîne avec Tlaquepaque, un joli village colonial connu pour ses galeries d'artisanat. C'est la gamme au-dessus, y'a des objets sympas mais décidemment, on ne craque pas sur l'art mexicain (ça nous arrange !). Le Zocalo est très mignon. Nous décidons de nous poser autour d'un immense patio borde par des arcades. A l'intérieur, plusieurs cafés et restaurants ont investi l'endroit et se partagent le kiosque central où se produisent les mariachis. Le chanteur nous a rappelé à notre cher Luis Mariano en nous poussant quelques sonorités aiguës. Au contraire, la chanteuse a une voix très grave. Etrange pays de machos ou les hommes ont la voix claire et les femmes une voix roque.


Mariachiiiiiiis

Lundi 6 Fevrier : Tequila, caramba !
                 C'est pas de bol, notre guide ne mentionnait pas que le Tequila express, ce train qui relie Guadalajara à la célèbre ville de Tequila ne fonctionnait que les week-end. Quel dommage, l'ambiance avait l'air sympathique. Imaginez : transport, repas, tequila y musica dans le même package, même si ça fait un peu " pigeons en goguette ", on aurait bien teste. Bref, on prendra le bus avec une bouteille d'eau !
                 Il nous arrête à l'Hacienda San José Del Refugio que nous avons prévue de visiter pour son architecture et sa fabrique de Tequila. Une nouvelle fois, pas de bol, le 5 février est férie, Fête de la Constitution oblige ! Mais nous sommes le 6, nous direz-vous. Et c'est la que nous avons beaucoup a apprendre des mexicains : quand un jour férie tombe un dimanche, il est décale au lundi. Nous profitons de la voiture d'un couple dans le même cas que nous pour aller jusqu'a Tequila.


Salute!

                 Quelques fabriques sont ouvertes dont celle des deux leaders Cuervo et Sauza que nous évitons. Nous choisissons un tour organise qui nous mène a l'hacienda Cofradia du même nom que sa Tequila. On savait que le vin était fait à base de raisin, la bière de houblon, le Cointreau d'orange, mais la Tequila aucune idée... Nous apprenons aujourd'hui qu'elle est faite a partir de l'agave bleue, une plante cactée qui ressemble a certaines qu'on a dans le sud de la France. Première étape : couper les feuilles d'un plan de sept ans, deuxième étape : faire reposer le pied pendant 36 heures dans l'obscurité afin qu'il commence a " travailler ". Nous en goûtons un morceau devenu brun a ce stade de la préparation. C'est très sucre et juteux, ça se rapproche de la canne a sucre sauf qu'en cherchant bien on y décelé un arrière goût de tequila caramélisée. Avec sept kilos, on obtient un litre de Tequila. Les fibres qui restent après l'extraction du jus seront recyclées en papier. On vous passe l'explication des étapes classiques de la fermentation, distillation, etc... pour arriver a la plus intéressante : la dégustation. Nous sommes au milieu de centaines de fus, avec plusieurs bouteilles posées sur l'un d'eux, devant nous. Première étape : distribution de mini gobelets en plastique, deuxième étape : commencer par la plus " hard ", celle destinée aux cocktails, " el blanco " (ici, la tequila est une boisson masculine !); puis " el reposado " celle de moins d'un an ; et plusieurs cuves de " el añejo " entre un et sept ans. A ce stade la, on n'est plus a quatre près, nous testerons donc celles aromatisées au café, a l'amande, a la vanille et ...zut alors comment il s'appelait ce fruit... ? Bref, quand on ressort on n'est pas mal surtout qu'il est 14h et qu'on a pas encore mange. Caramba, que rica la tequila !

                 De retour a Guadalajara, après avoir cuver dans le car, on visite la cathédrale, puis la fameuse Plaza de los mariachis qui ne l'oublions pas sont nés ici a l'origine pour égayer les mariages bourgeois. Sauf que, a cette heure ici, ils sont occupes a jouer aux jetons ou a boire des coups, la journée est finite !

Mardi 7 fevrier : ¡ Viva Mexico !
                 Aujourd'hui, pour changer, on a visiter la très belle église de Zapopan a la façade… churrigueresque et aux retables dores exubérants.
                 Nous sommes ensuite rentres dans le Palacio del Gobierno de Guadalajara, la curiosité étant son époustouflante peinture murale de Miguel Hidalgo exécutée par Orozco (400m2). Hidalgo, brave cure de province, est devenu le grand héros de l'Indépendance suite à son appel aux armes de 1810 : Viva Mexico ! Encore aujourd´hui, chaque 15 septembre, jusqu'aux villages les plus recules de la Sierra et du Chiapas, les maires crient 3 fois " el grito " (le cri) du haut de leur balcon, en tronquant bien entendu la fin du message d'origine : " Mort aux Gachupines " (espagnols).
                 Nous terminons au marche San Juan de Dios, immense halle de trois etages. On trouve de tout : des DVD, des fringues, des santiags de toutes les couleurs, la " guitarra de Manuel " et même...des selles de cheval.
                 On ne perd pas de temps et montons dans le premier bus pour Morelia que nous atteindrons quatre heures plus tard.

Mercredi 8 Février : La Guadalupe
                 Visite de la ville : Eglise de la Merced (entres autres), Palacio Clavijero et sa superbe bibliothèque sur trois étages comportant nombres d'ouvrages en vieux " françois ", couvent Santa Rosa, la Cathédrale avec son zocalo, et surtout : el sanctuario de la Guadalupe.



                Bien que ne payant pas de mine de l'extérieur, l'intérieur est, au contraire, complètement hallucinant. C'est une explosion de sculptures dorées partout sur les murs, et un festival de couleurs jaune, rose, et bleu pour rehausser le tout. Les tableaux représentant l'évangélisation des indiens font pale figure a cote de l'exubérance de la deco, pas un pan de mur n'est laisse vide. Le tout est un mélange de sacre, d'art populaire et de kitsch. Ca nous change de nos austères églises, on aurait presque envie de se lever le dimanche…

Evangélisation

                 Cette église vient à point nomme pour vous parler de la fameuse Vierge de Guadalupe. C'est LE symbole du Mexique par excellence (peut-être même avant la Tequila). En tous cas, elle représente le signe de ralliement du peuple mexicain. Selon l'Histoire ou la légende (on ne sait pas), un indien aurait vu la Vierge sur une colline ou se trouvait jadis un temple aztèque. Elle lui demanda de lui faire construire une église à cet endroit même. L'archevêque n'en crut mot, jusqu'à ce qu'elle fasse pousser des roses en plein hiver sur cette colline désertique et que son visage lui apparaisse. Ce dernier s'empressa de faire élever une chapelle en son honneur. L'indien en question fut le premier indigène canonise par l'Eglise en 2002. C'est le symbole de la revanche des indiens sur les espagnols, et la Vierge, la garante de la continuité entre les cultures préhispaniques et hispanophones. Mais ne nous méprenons pas : comme beaucoup d'églises, ce sanctuaire porte le nom de cette vierge " métisse " mais l'original se trouve a quelques kilomètres au nord de Mexico city.


                 Pendant que Christophe prenait des photos dans l'église (pas moins de ¾ d'heure, il se spécialise dans les sujets " sacres "), Sophie a eu tout le temps d'observer les colibris du parc attenant. C'est fou ce qu'ils sont rapides et bruyants, comme des insectes. Ils méritent bien leur surnom d'oiseaux-mouches.
                 Nous finissons l'après-midi par quelques " douceurs ", " dulces " en espagnol. Le marche sous les arcades regorge de pâtes de fruits, les ates, de fruits glaces au sucre comme des marrons, et de " chongos ", la spécialité de la région faite a base de lait, vanille, sucre et cannelle. Plutôt bon mais un peu écœurant.

Dulces

Jeudi 9 Février : La cucaracha, la curaracha, la, la la la la la la…
                 Nous sommes réveilles tôt par les oiseaux de la volière au centre du patio de l'hostel Allende. Apparemment, ça ne sert pas a grand-chose de leur mettre la nuit des rideaux autour, pas bêtes les bêtes ! En plus, on a mal dormi. Les mongols avaient des problèmes avec leurs sacs plastiques, les indiens avec l'eau chaude, pour les mexicains ce sont les draps. Ils mettent des draps simples dans des lits doubles et ne connaissent pas tous les draps housse. Du coup, non seulement en le mettant de travers ça ne nous couvre que la partie située entre le torse et les chevilles, mais, au bout de cinq minutes le lit ressemble un chantier (et sans pour autant réviser le Kama sutra) ! Résultat : y'en a un qui finit enroule dans le drap et l'autre dans la couverture.
                 On termine les corn flakes et le lait… Mais, il a un drôle de goût ce lait, tu trouves pas qu'il pique? Sophie avait bien remarque en vidant la bouteille qu'il y avait comme des petits morceaux fonces dedans. Hier, c'est la bouteille de jus de fruit qui disparaît et aujourd'hui, il semble qu'on nous ait fait une sale blague en nous pimentant le lait. Sont pas cool ici, il est temps qu'on parte ! Sans parler des draps.
                 Bus pour Patzcuaro à une heure d'ici. Bien que voisines, les deux villes sont très différentes. Celle-ci est plus petite avec une population d'origine indienne. Ca ressemble un peu plus au Mexique qu'on imaginait. Moins aseptise, le village nous charme avec ses maisons blanches aux extrémités rouge briques, et ses délicieuses places aux accents coloniaux. Nous croisons de nombreux indiens, les pommettes hautes, la peau burinée, le visage anguleux et les yeux légèrement plisses. Les voilà enfin les natifs d'origine. Un grand marche se tient ici tous les jours. On achète des légumes pour le repas de ce soir et des fruits. Nous découvrons les granadas (rien a voir avec les grenades) que nous avons pris pour des fruits de la passion en raison d'un petit air de famille. Super bon ! Les gargotes non plus ne manquent pas pour se sustenter. On en choisit une où ils préparent des enchiladas énormes. On commence d'ailleurs a y voir plus clair dans la " gastronomie " mexicaine : les tacos sont des galettes de maïs (tortillas) garnie de viande; les quesadillas sont des tortillas plus grandes garnies de fromage, maïs, champignons ou autre; les enchiladas sont fourrées de viande avec du fromage, elles ont mijoté dans une sauce au piment/tomates/oignons puis sont nappées de crème et de fromage fondu, enfin les tortas sont des sandwichs chauds biens épais.
                 Ca aurait pu être Christophe ou sa voisine de table mais non, il a fallu que ca tombe sur Sophie. En fait ce n'est pas tombe sur elle mais plus exactement dans son assiette. Ca ? Un cafard ! " Si tu as la cucaracha, sacrée bestiole de cancrelat… ". Les Négresses vertes ne croyaient pas si bien dire…
                 Christophe a degotte un endroit sympa pour loger : la posada des las rosas, une immense maison d'une dizaine de chambres tenue par une famille tout aussi nombreuse. Grands-parents, enfants, petits-enfants, tout le monde cohabite ici. La famille (comme la Muerte) est un objet de culte au Mexique. Bien au-delà de l'influence de la religion, les enfants représentent toujours le capital vieillesse des parents comme, ils le furent chez nous il y a encore quelques années. Les retraites ici sont quasi inexistantes. Les enfants ne quitteront la maison familiale qu'au moment du mariage, la encore pour des raisons financières. Bref, tout ça pour dire qu'ici y'a du monde en permanence et la porte est toujours ouverte.

Vendredi 10 Février : Daaallas, ton univers impitoyaable…
                 Au moment d'accéder a la cuisine, ils étaient huit attables a prendre le petit déjeuner typique mexicain : café, tacos avec des œufs, fromage, piment et….haricots rouges. Non Mr Bean, on n'est pas encore prêt pour ça, on se cantonnera au café/tartines. Cote deco, nos craintes sont confirmées : des dizaines de tasses, pots, casseroles constituent la parure des murs de la cuisine et du salon adjacent. Des bibelots style fleurs et petites poupées en plastique ou dauphins en céramique trônent dans les vitrines ou sur les armoires au milieu des effigies religieuses de toutes sortes. Pas étonnant qu'ils soient obliges d'accrocher la vaisselle aux murs, avec toutes ces horreurs dans les armoires, il n'y a plus de place! On y va pas de main morte sur leur look ou sur la déco, mais comme on dit " ce qui compte c'est la beauté intérieure " et les mexicains en sont richement dotées : courtoisie, gentillesse, amabilité….
                 Le point de vue du volcan éteint, le Cerro del estribo, offre parait-il un beau panorama sur la ville et le lac avec ses îles. Une heure et demi et 390 marches plus tard nous arrivons en sueur au sommet. C'est dommage hein ces arbres juste devant la vue?....
                 La visite de la ville, bien que courte, achève Sophie qui accuse le coup de la ballade matinale. On retiendra surtout la Plaza Vasco de Quiroga bordee d'arches et de maisons coloniales et la Casa de los once patios, un ancien couvent dominicain reconverti en ateliers d'artistes. Les patios s'ouvrent les uns sur les autres, un vrai labyrinthe.
                 Nous dînons dans la cuisine familiale et, comme la veille, la famille est réunie devant la tele pour le rendez-vous quotidien de la telenovela, veritable phénomène de société au Mexique.

Samedi 11 Février : Souvenirs, souvenirs...
                 Nous prenons le bateau pour nous rendre sur l'île de Janitzio. De " faux " pêcheurs font leur cinéma avec leur filet papillon à l'approche du bateau. Malheureusement, ceci relève plus du spectacle que de la réalité, ils n'attrapent que les touristes puisqu'il n'y a quasiment plus de poissons. Le spectacle est tout de même joli. Bien que très photogénique de loin, en dehors des sentiers bordes de magasins pour touristes, l'île ressemble à un vaste chantier très sale. Quand aux souvenirs vendus (on ne sait a qui), on atteint aussi le paroxysme du laid. A vrai dire, on n'a jamais vu aussi niais, moche, mal fait, inutile et kitch a souhait. Quelques exemples : coquille d'œuf remplie de bougie, tableaux imprimes avec des dessins qui de loin représentent le Christ ou des visages, filets de pêche en nylon, brocs a eau en forme de sein avec un corps de femme pour anse, etc… On a qu'une envie : se tirer ! Bon, maintenant qu'on est la, on va quand même monter jusqu'à la statue de Morelos, autre héros de l'Indépendance. Comme la Statue de la Liberté, on peut grimper jusqu'a son sommet à l'intérieur, en longeant des murs qui racontent son histoire a travers des fresques.
                 De retour à Patzcuaro, comme l'excursion fut plus rapide que prévue, nous décidons de faire nos clics et nos clacs. Notre gentille hôte n'y voit aucun inconvénient bien qu'il soit déjà 15h. Y'a pas a dire, ils sont vraiment cools les mexicains.
                 Quel voyage! Comme notre guide ne mentionnait pas la migration des papillons monarques et encore moins le site ou les observer, nous avons voyage un peu a l'aveuglette : premier bus pour aller a Morelia puis un deuxième pour Zitacuaro et enfin un dernier pour Angangeo. Heureusement que notre voisine de bus, témoin de Jéhovah, puis une jeune étudiante nous ont mis sur la bonne route. Au final, six heures auront été nécessaires. On est H.S, il est 21h30 et les derniers endroits ou manger viennent de fermer. Le tenancier de la camionnette a tacos d'en face, un mec sympa, nous fait cuire nos pâtes chez sa mère. Quand a l'hôtel, une fois de plus, les draps lit double connaît pas, mais encore plus fort : notre drap du dessus est un drap housse une place mis en travers!


Ile de Janitzio

Dimanche 12 Février : Les mystères de la nature
                 La migration des papillons monarques est un des évènements naturels les plus incroyables. Chaque année des milliers de papillons émigrent du Canada jusqu'au Mexique pour passer l'hiver de fin novembre a fin mars. Ils parcourent ainsi 4000 Km pendant trois mois, avec une moyenne de 20 Km/H. Le plus surprenant est que, du fait de leur courte durée de vie (quelques mois), ceux qui arrivent au Mexique sont pour la plupart nés en route. Comment font ils alors pour s'orienter et se poser toujours dans le même sanctuaire, une zone montagneuse a plus de 3000m qui ne dépasse pas 20km2. Sans parler qu'au sein même de ce sanctuaire, il y a plusieurs colonies, chacune se situant chaque année exactement au même endroit !!! Règles comme des horloges, On ne sait pas comment ils font pour se diriger pendant leur long trajet de migration, mais on suppose qu'ils se repèrent une fois sur place a la vue des restes de leur prédécesseurs (d'ou l'interdiction de les ramasser même morts). Au total, il y a une vingtaine de sanctuaires où ils se concentrent, seulement deux sont ouverts au public. Ils quitteront leur habitat hivernal les 27 et 28 mars précisément, règles comme des horloges…
                 Nous partageons une voiture avec un mexicain. La montée dure ¾ d'heure pour atteindre l'entrée du sanctuaire El Rosario a 3000m. Apres ce sont 300 mètres de dénivelle pour arriver aux papillons. Sophie fantasmait ce moment depuis longtemps et forcement elle a été déçue. Oui les papillons sont la, et oui ils tourbillonnent par centaines entre les pins, mais on ne peut pas les approcher a plus de cinquante mètres et les rayons du soleil, qui aurait pu éclairer leurs ailes orange, ne percent pas. De loin, on pourrait presque croire à des flocons de neige. Ces mesures sont néanmoins nécessaires pour les préserver. N'empêche qu'il y a publicité mensongère avec ces photos affichées partout où on voit une famille modèle gambadant au milieu d'une nuée de papillons ! Quelques uns d'entre eux viennent mourir à nos pieds, seul moment ou nous pouvons les voir de près, spectacle malheureusement assez triste. Nous quittons les sentiers balises pour monter jusqu'au sommet a 3500m ce qui nous permet d'apercevoir plusieurs oiseaux rouge vif qui font penser a des cardinaux. Le panorama aurait pu être à couper le souffle (vue a 360 degrés sur les plus hauts volcans du Mexique) si les nuages ne l'avaient pas caché.


Butterfly my butterfly



                De retour en bas, le soleil fait son apparition et réveille les papillons. Nous avons donc tout de même la chance d'apprécier un peu plus les danses aériennes de ces papillons noirs et orange autour de nous.
                 Quelques tacos a la va vite avant de prendre le bus pour Mexico. Nous arrivons sous la pluie et retrouvons la guest Cathedral avec cette fois on a un dortoir pour nous tout seuls, nous entrons dans la basse saison…

Lundi 13 Février : Erections pestinentielles !
                 Nous démarrons la visite de Mexico city avec le quartier Coyoacan, ancien village englouti par la mégalopole, aujourd'hui simple quartier. Le méchant Cortes (conquistador espagnol sanguinaire) y établit son palais puis, bien plus tard, le barrio devint le lieu privilégie des artistes et intellectuels. Les peintres Frida Kahlo et son mari Diego Rivera y vécurent tandis que Trotsky, le leader de la Révolution d'Octobre, y fut assassine. C'est a présent un endroit calme aux grandes avenues bordées de belles demeures (doit y avoir du pognon au vue des fils électriques et barbelés sur les murs et des flics armes qui circulent).
                 Nous changeons de quartier pour visiter le Secrétariat de l'Education Publique connue pour y abriter des fresques murales de Diego Rivera. Plus de 120 peintures sur près de 1500 m2 ornent les trois étages de cet ancien couvent agrandi. Il mit cinq ans pour réaliser des peintures traitant du travail, de l'histoire du Mexique, de la Révolution, de la guerre, et d'un sujet qui lui est cher : la lutte des classes. Parmi les centaines de personnages, nous reconnaissons ceux de Frida, de Zapatta et de Pancho Villa (célèbres révolutionnaires qui avaient pris les armes pour redistribuer les la terre aux paysans, " Tierra y Libertad "). Nous découvrons cet artiste, on aime beaucoup.
                 Pour rester dans les bâtiments administratifs, nous enchaînons avec le Palacio national. Une fois de plus, Diego (libre dans sa tête) a tague quelques murs. Trois immenses fresques encadrent l'escalier central. Et la, il s'est lâché Diego! L'Histoire du pays en est le sujet principal depuis la période préhispanique jusqu'à la lutte des classes. Il n'y va pas de main morte : pendus, croix chrétienne qui se transforme en croix gammée, caricature de certaines figures capitalistes de l'epoque (Rockfeller, Venderbilt…), Karl Marx et symboles communistes a gogo. Hasta siempre la révolution ! On est surpris de voir cohabiter avec tant de liberté, dans ces bâtiments administratifs, des peintures de " propagande " communiste et le gouvernement de droite de Vicente Fox. Il a d'ailleurs quelques soucis à se faire à l'approche des elections puisque la gauche a le vent en poupe (57% des intentions de vote). Le Mexique pourrait donc se laisser emporter par le fort vent socialiste qui souffle en Amerique latine avec Cuba, le Venezuela et la Bolivie pour la gauche rouge vif et le Bresil, l'Uruguay, l'Argentine et le chili pour la branche plus modérée. Les Etats-Unis n'ont qu'à bien se tenir. Fin de la parenthese.


Best of Diego


                 On termine avec la rue Madero ou se trouvent de beaux edifices : le Gran hotel style Art deco avec une splendide verriere et la casa de los azulejos, la plus vieille demeure de Mexico qui comme son nom l'indique est couverte de faïence bleue et blanche.
                 Le soir ballade sur le Zocalo. Il se passe toujours quelque chose sur cette place. Meme si en ce moment ce sont les meetings politiques qui sont à l'honneur, il y a regulierement des concerts ou des spectacles. Nous grignotons derrière la cathédrale ou les marchants ambulants proposent toutes sortes de mets : maïs en grains, tacos, etc…Tous les soirs, les adeptes des danses aztèques s'y donnent rendez-vous entre 20 et 22h. Deux personnes battent le rythme sur des tambours tandis que les danseurs enchaînent des chorégraphies assez physiques. Une " prêtresse " fait un rituel avec de l'encens à chaque nouvel arrivant avant qu'il ne rejoigne le " cercle ". Certains jouent le jeu avec des grelots aux cheville ou un bandeau rouge autour de la tete, mais peu importe l'accoutrement, tout le monde peut se prêter au jeu. Face à l'uniformisation culturelle, ces initiatives quotidiennes visent à préserver ces cultures pour qu'elles demeurent vivantes. L'ambiance est très sympa, ça donne vraiment envie de bouger mais, a défaut d'entraînement, on risquerait de ressembler plutôt a des pingouins !

Mardi 14 Février: Joyeuse Saint-Valentin !
                 Aujourd'hui marque un renouveau : la saison des églises et des couvents est terminée, commence la dynastie des pyramides avec celles de Teotihuacan.
                 C'est le moment de vous en dire un peu plus sur l'histoire pré-colombienne qui, nous devons l'avouer, n'est pas encore très claire dans notre esprit compte tenu du nombre de civilisations qui se sont enchaînées ou ont cohabite. A dire vrai, nous conseillons d'en tenter la lecture aux seuls passionnés d'histoires alambiquées. Pour les autres…passez au paragraphe suivant !

                 Les pyramides de Teotihuacan datent de la civilisation du même nom qui étendit son influence dans toute l'Amérique centrale des le 1er siècle avant JC mais pour connaître l'Histoire du pays, ils faut remonter bien plus loin…
                 Le premier groupe, véritablement unitaire se constitua seulement vers 1000 avant JC dans la région actuelle de Oaxaca, Veracruz et Tabasco. Ce sont les Olmèques Plus tard, les Zapotèques prirent la place des Olmèques.
                 A la même période, les Teotihuacan s'installèrent au nord de l'actuelle ville de Mexico. Ils construisirent le village de Teotihuacan et les deux énormes pyramides du soleil et de la lune (que nous visitons aujourd'hui). Ce sont eux qui ont " lancé " le Dieu mythique Quetzalcoatl, le serpent à plumes repris par tous les autres. Au même moment, les Mayas commencèrent à se déployer vers le sud (Chiapas, Yucatan, Guatemala, Honduras).
                 D'autres groupes se constituèrent aux cours des siècles suivants : les Chichimèques, qui vers 700 après JC prirent la place des Teotihuacan, les Toltèques qui vers l'an 1000 s'installèrent à leur tour à la place des Chichimèques au Nord, et s'intégrèrent de force aux Mayas du sud (et ceci explique le mariage Maya-Toltèque de Chitzen Itza que nous visiterons un peu lus tard), puis les Mixtèques qui ont migré dans la région de Monte Alban.

                Et les Aztèques dans tout ça ? Et bien ils furent les derniers arrivés. En 1325, ils fondèrent leur cité Tenochtitlan (aujourd'hui appelée Mexico), à l'endroit exact où, comme le disait la prophétie, ils virent un aigle dévorant un serpent (comme on peut le constater aujourd'hui sur le drapeau mexicain). Et comme c'était un peuple de guerrier, ils débordèrent très vite vers le nord des Toltèques / Chichimèques et au sud des Mixtèques.

                 Le triste dénouement de cette histoire commença vers 1519, quand Cortès, le conquistador sanguinaire (ou le barbu) débarqua avec ses troupes espagnoles sur la côte mexicaine de Veracruz. Malheureusement, le roi Aztèque Montezuma II prit Cortès pour l'incarnation humaine du dieu Quetzacoatl, dont le retour en terre américaine était clairement annoncé dans une ancienne légende Toltèque. Les coïncidences de l'année et de la barbe étaient trop nombreuses pour passer inaperçues au grand monarque… La suite, on la connait avec le massacre des indiens ou leur soumission.
                 Nous parcourons les ruines aux milieux de groupes de collégiens reconnaissables a leur jogging blanc et bleu (ou d'une autre couleur suivant les écoles et/ou les tranches d'ages). Dans les rues, nous les croisions habituellement avec un ensemble jupe plissée style kilt, cravate, gilet et chaussettes montantes, sans oublier les couettes avec des rubans ou uniforme classique pour les garçons. Finalement à la vue des pays traverses, l'uniforme scolaire n'est pas qu'une spécialité anglaise et c'est en France ou nous faisons plus figure d'exception.

                On ne perd pas de temps et nous enchaînons de retour à Mexico avec le musée Frida Kahlo, la maison bleue ou elle vécut. Sacre destin que le sien: la polio, maladie qu'elle contacta toute petite, puis un grave accident de tramway a 18 ans qui la rendit stérile et lui broya la colonne l'obligeant a porter un corset toute sa vie. Elle devra subir de nombreuses operations chirurgicales et sera amputée d'une jambe. Deux fois enceinte malgre l'avis defavorable des medecins, elle ne réalisera malheureusement pas son rêve le plus cher : etre mere. Elle finira sa vie sur une chaise roulante (decedee à 47 ans). Question cœur, ça n'a pas ete facile non plus. L'amour de sa vie, Diego Rivera son mari, le célèbre " taggeur " mexicain, la fera aussi souffrir en multipliant les conquêtes (et pourtant il était vraiment laid, allez savoir ces artistes …). Mais, au delà de ce terrible destin, Frida était une femme de caractere pleine de vie. Fetarde inveteree, voix cassée par l'alcool et les médicaments, dents abîmées par le tabac, elle continuera d'afficher tout au long de sa vie une grande dignité et sa joie de vivre communicative. Ses exutoires seront la peinture, le communisme et la defense des indiens. Ses toiles reflètent ainsi une peinture de la douleur (son corps malmené sera un sujet redondant dans ses toiles) et du combat.


                 Aujourd'hui c'est la Saint-Valentin, on fait peter le boui-boui! C'est tellement plus original qu'un dîner chez Michou. " Charamba ", c'est peut-être pas les meilleurs tacos de la ville mais l'accompagnement est a volonté: purée, haricots, guacamole, etc… le tout dans un cadre des plus romantiques, sous le pont de l'autoroute au croisement de deux avenues passantes, et bien sur sans tables ni chaises.
                 Dans le métro c'est l'heure de pointe, c'est pire qu'a Paris. Les arrêts étant très courts, les gens poussent avant même que les autres aient pu descendre. A l'intérieur, on est agglutine et au moment de sortir, un raz de marée. Happe par la conversation avec une mexicaine ayant vécue en France, les conditions idéales sont reunies pour qu'au moment du raz de maree, un pickpocket subtilise habilement le portefeuille de Christophe dans la poche frontale de son pantalon. Heureusement, la carte bleue et les passeports n'y étaient pas. Le bougre repart tout de même avec soixante euros, de quoi offrir un beau ballon en forme de Coeur a sa dulcinée (c'est a la mode ici !) et la photo de Sophie (et de quoi s'offrir une belle engueulade avec sa dulcinée…).


Mercredi 15 Février : Un peu de culture...enfin un petit peu.


Tu te magnes!!

                Aujourd'hui on attaque un gros morceau : le Musee national d'anthropologie. C'est le musee du genre le plus important au monde. Pour resume : salle d'introduction a l'anthropologie, salle des origines prehistoriques, salle preclassique du centre du Mexique, salle de Teotihuacan, salle Tolteca, salle Mexica, salle d'Oaxaca, salle du Golfe du Mexique, salle Maya, salle du Nord et de l'Occident sans oublier le premier etage, la section ethnologique du musee concernant les us et coutumes des differents peuples du pays. Bref, certains conseillent de prevoir plusieurs jours, une demi-journee nous aura suffit. Il y a tellement de choses qu'on a l'impression d'en ressortir presque aussi inculte que lorsqu'on est entre ! C'est sur, il y a de tres belles pieces precolombiennes notamment la celebre Pierre du soleil de 24 tonnes connue (a tort) sous le nom de calendrier aztèque ou ces réceptacles de pierres qui servaient a receuillir les coeurs encore chauds des sacrifies...
                Dans le parc face au musee, on se jette sur des hamburguesas qu'on deguste en meme temps qu'on assiste au spectacle des voladores. Ces acrobates voltigeurs s'elancent du haut d'un poteau et tournent la tete en bas en jouant du pipeau jusqu'a atteindre le sol. Puis un peu plus loin, nous circulons au milieu des vaches, exposition qui passera plus tard sur les Champs-Élysées.
                 A notre retour à la guest, surprise, nous ne sommes plus seuls dans le dortoir. Nous faisons la connaissance de Lionel et Jean avec qui nous passerons la soiree à boire quelques bibines. Jean est un suisse-catalan ayant passe quelques mois dans un monastere bouddhique tenu par un vietnamien dans les Landes pres de Mont de Marsan. Pas besoin d'aller bien loin finalement pour se changer les idees... Quant a Lionel, ce breton realise le reve de sa vie en parcourant les 4 coins du globe pendant 1 an, sa femme n'ayant pas pu l'accompagner a cause d'une opportunité professionnelle.

Meuuhhhh

Jeudi 16 Fevrier : Pozole !
                 Lever un peu tard, sac, petit dejeunage et c'est reparti pour la vadrouille cette fois plus au sud, à Taxco. 3h30 de car et un film plus tard, nous voici a destination. On n'a pas vu le temps passer, ca nous change de l'Asie tous ces bus modernes.
                 Il fait plus chaud qu'a Mexico, on a nos sacs a dos et puree que ca grimpe ! Taxco est flanquee sur les pentes d'une colline, c'est un labyrinthe de ruelles et d'escaliers plus abruptes les uns que les autres qui nous acceuillent a la descente du bus. Nous grimpons pleins de sueur entre les maisons blanches et le marche etage jusqu a notre guest au tarif un peu excessif. En effet ici l'approvisionnement en eau est un problème délicat et les prix s'en ressentent. Quoiqu'il en soit, c'est une des plus jolies villes que nous ayons vue avec Guanajuaco.
                 Nous avons le temps de grimper jusqu'en haut de la colline ou trône un lointain cousin du Corcovado de Rio de Janeiro, un Christ ouvrant ses bras domine la ville.
                 Le jeudi, c'est le jour traditionnel du " pozole " à Tia Calla. C'est l'occasion de gouter a ce plat typique de la cuisine mexicaine : une soupe de maïs avec du poulet, de l'avocat, de l'oignon puis de la tortilla frite (le chicharon). Evidemment, comme le reste de la gastronomie, c'est super leger ! Mais au moins ça, c'est vraiment mexicain, pas comme le chili con carne qui, malgré son accent mexicain, est purement américain, spécialité texane plus précisément.
                 L'ambiance est sympathique et populaire, et c'est devant un film catastrophe que nous dinons. Comme dans de plus en plus de pays, les teles envahissent les lieux publiques, restos, bars, cantinas, hall de bus, d'aeroport, bouiboui…

Vendredi 17 Fevrier : Tu me fais tourner la tête
                 La journée commence mal : l'hoteliere ne veut pas garder nos sacs jusqu'a notre depart a 18h. Elle en a assez de ces backpackers qui ne se posent qu'une seule nuit dans son etablissement. Gros coup de gueule de Christophe, on se casse avec nos sacs que l'on depose a la consigne de la gare.
                 Le zocalo bien que petit est tres agreable, borde de maisons coloniales et domine par la superbe Eglise de Santa Prisca malheureusement en renovation. Tout le monde s'y retrouve sous les lauriers d'Inde, les jeunes, les vieux (nous assisterons a une belle bagarre entre les deux generations tandis que 2 flics la cinquantaine et le ventre bedonnant regardaient de l'autre cote) et bien sur, les cireurs de chaussures. Ils sont partout : sur les places, dans la rue, a la gare... on en a jamais vu autant. Autre remarque : depuis notre arrivée au Mexique, on avait note qu'il y avait beaucoup de coccinelles (la voiture), ici c'est leur repère. " La coccinelle a Mexico " aurait du etre tourne ici. Y'en a partout, la cocc-a papa, la cocc-tuning, la cocc-de serie, la cocc-midinette et la cocc-taxi de couleur blanche.


Un peu cliché

Et qu'ça brille

                 Le marche est aussi tres sympa, un labyrinthe sur plusieurs niveaux, ca grouille. Quand on s'est penche sur les sachets plastiques, on savait bien qu'il y avait des trucs qui grouillaient a l'interieur : des punaises vivantes ! On n'a pas pense a demander comment ca se cuisinait...
                 En plus de ses charmes coloniaux, Taxco est la capitale de l'argent au Mexique, premier producteur mondial. Bien que les mines alentours ne produisent presque plus, la ville est restée la Mecque de l'argent. Et à 35 centimes d'euros le gramme, impossible de retenir Sophie qui s'est ruee sur les boutiques comme la ménagère de moins de 50 ans un jour d'ouverture des soldes! Les prix varient du simple a plus du double. Faut chercher parmis les 300 boutiques de la ville. On n'a pas trouve mieux que dans la halle des grossistes au dernier sous-sol, une vraie caverne d'Ali Baba.
                 Charge de notre tresor nous rejoignons Cuernavaca à 21h dans un hôtel sordide, la huespedes Marilu.


Les sanitaires de Marilu

Samedi 18 Février : Tout le monde est sur la place
                 Départ pour Xochicalco a 1h30 de bus, une ancienne ville fortifiée qui connut son apogée après la chute de Teotihuacan. Elle retint d'ailleurs la leçon de sa voisine et, pour éviter d'être renversée à son tour, elle fut édifiée sur un promontoire en haut d'une colline. Nous retenons de ce site, la petite pyramide du serpent a plumes avec de belles représentations du Quetzacoalt.
                 Le fameux serpent a plume (kukulcan chez les Mayas), dieu créateur de l'humanité donna naissance aux hommes en versant de son sang, raison pour laquelle les sacrifices humains étaient très présents dans ces sociétés. De ce fait, le jeu de pelote dont les terrains sont présents sur la plupart des sites était un divertissement très prise. Contrairement à notre pelote basque, ce n'était pas qu'un simple jeu, c'était aussi l'occasion de régler des différends politiques ou de " choisir " les heureux élus de la prochaine séance de sacrifice humain. De toute façon, comme l'a dit Pierre de Coubertin, " l'important n'est pas de gagner mais de participer ! "
                 Nous revenons en stop si l'on peut dire puisque c'est un jeune mexicain qui nous propose spontanément de nous ramener à Cuernavaca.


Nopal
                On a trouve le bon plan pour déjeuner ce midi. Ca ressemble à une petite gargote mais en fait cette sympathique famille sert des menus gargantuesques pour une bouchée de pain. Ils étaient près a nous servir sous les arbres de la place d'a cote, mais ils nous ont finalement proposer de venir chez eux. On a été servis comme des rois dans leur salon ou une femme repassait en écoutant la radio. Nous en profitons pour tester les nopales cuites apres les avoir déjà goûtées crues, ces feuilles de cactus " desépinees " qu'on voyait souvent dans les marches. Question goût, Christophe penche pour le cornichon, Sophie pour le haricot vert…

                 Ce soir, c'est concerts sur le zocalo ; quatre groupes au total vont se succéder. Tout le monde semble s'être rassemble sur la place ; les gens sont debouts sur les bancs et les plus agiles ont grimpe aux arbres. Le groupe le plus célèbre, " Maldita " fait l'unanimité auprès des jeunes comme des vieux. Mélangeant rock et ska, ils balancent des phrases clichées sur l'égalité et la liberté, et profitent de la région de Zapata pour critiquer le gouvernement, " Viva Zapata ! ". En tous cas, l'ambiance est vraiment super festive.

Dimanche 19 Février : Les brunes comptent pas pour des prunes !
                 On est réveille a 7h20 par la gardienne, aimable comme une physio de boite de nuit, qui vient nous réclamer le paiement pour la nuit (fallait régler la veille pour la grasse mat !).
                 On décolle pour le pittoresque village de Tepotzlan au pied du massif montagneux de Tepozteco. C'est l'occasion d'une petite grimpette a la pyramide, pas exceptionnelle en soit mais qui offre un beau panorama. Nous y rencontrons Tony, un jeune français qui entame six mois de stage au Mexique après avoir fait la même chose en Thaïlande. Suivra ensuite 1 an en Suède pour clôturer son cursus. " Les voyages forment le jeunesse " (si seulement elle pouvait la préserver, pense Sophie tandis que Christophe reste envieux devant ce parcours estudiantin " idéal "…).
                 C'est Dimanche, jour de marche et on n'est pas les seuls. Beaucoup de familles se promènent et viennent admirer cette belle arche ouvrant sur l'église de la Natividad. C'est un tableau sur fond d'images religieuses et de conquête espagnole réalise uniquement avec des graines : blé, maïs, orge, haricots, etc…du beau travail. Une gamine de deux ans vient vers nous puis nous lance un " bonjour " sur les conseils de sa jeune maman célibataire. Bien que le Mexique soit très conservateur, les mères élevant seule leur enfant sont de plus en plus nombreuses. Il nous a suffit d'échanger quelques mots pour être invites chez elle a Mexico. Nous n'aurons malheureusement pas l'occasion d'honorer son invitation.
                 Cela nous donne l'occasion d'ouvrir une petite parenthèse sur le mariage " à la mexicana ". Dans ce pays de machos, les hommes prennent les décisions et mettent les pieds sous la table à la maison. Et pourtant, ils sont de plus en plus réticents au mariage, la tradition veut en effet que l'homme subvienne à tous les besoins familiaux (logement, nourriture, éducation) même si l'épouse a un salaire. En cas de divorce, l'épouse garde tout, maison et enfants en plus des économies qu'elle aura pu réaliser pendant la durée du mariage. Les mexicains avec qui nous avons discutes ont été étonne d'apprendre qu'on partageait les dépenses du foyer en fonction de nos salaires et qu'une femme pouvait même inviter son époux au restaurant… En contrepartie, les hommes ont appris le maniement de l'aspirateur et de l'économe… (Comment ? Y'en a qui ne savent pas encore ce que c'est ?

                De retour à Cuernavaca, il nous reste assez de temps pour faire une visite chez le coiffeur…et c'est pas la meilleure idée qu'on ait eu. Christophe ne s'en tire pas trop mal avec sa frange de travers mais pour Sophie c'est une autre histoire. Messieurs vous pouvez sauter le paragraphe, mesdemoiselles attention, vous vous exposez a de nombreuses nuits blanches a la lecture du recit suivant : Pour rattraper la couleur cuivrée des longueurs, Sophie demande quelques mèches de la même teinte. La jeunette, apparemment formée sur le tas (et encore) n'a rien trouve de mieux que de lui faire ce qu'on appelle des " bandeaux ", des mèches enormes. Quand à la couleur…c'est blond clair ! En plus, il n'y avait pas de rinçage et encore moins de shampooing, elle s'est contente d'essuyer les mèches avec un torchon qu'elle trempait dans un seau d'eau déjà utilise. Il a fallut tout rincer à l'hôtel sous peine de voir le produit oxydant continuer d'agir et transformer les mèches en paille cassante ! Bref, problème de communication ou d'incompétence (ou les deux), quoiqu'il en soit c'est une CATASTROPHE : Sophie est blonde, Bimbo style!

Amoniaque

                 Ce soir on laisse le cerveau a la maison (de toute façon Sophie vient déjà d'en perdre une partie…) et on va voir un film débile : El descenso. C'est l'histoire d'une bande de filles qui partent faire de la spéléo et rencontrent des golums version XXeme siècle avec en plus une attirance non dissimulée pour le sang et la chaire fraiche. C'était gore, les ficelles sont classiques mais efficaces et au final on est diverti (ou effrayée…), avec en prime 1h30 de pratique simultanée de l'anglais et l'espagnol (pour les sous titres). A la sortie du ciné, le zocalo est toujours bonde et les concerts résonnent.

Lundi 20 Février : Lucha libre
                 En route pour Puebla, grande ville de 1,5 millions d'habitants. On avait rate la lucha libre à Mexico, on ne la ratera pas ce soir à Puebla. Devant l'entrée de l'arène, outre les stand de tortillas a chaque coin de rue, des vendeurs ont étalé leur marchandise : les cagoules multicolores des lutteurs, caverne d'alibaba pour Sado Maso du monde entier! A l'intérieur, l'ambiance bat son plein : des supporters de la tribune d'en face battent le tambours, sifflent et font des gestes obscènes tandis que notre voisin de droite leur répond a coup de corne de brume, et celui de gauche enchaîne les insultes et jurons a tour de bras : " chinga tu culo, hijo de tu puta madre, pendejo… "
                 L'atmosphère est donc détendue et sympathique. Puis arrivent les lutteurs masques dans leur " déguisements ". Ils luttent par deux ou par équipe de trois. Tous les coups semblent être permis comme au catch américain. Enfin, " pseudo " coups car c'est bien entendu du cinéma, sorte de mises en scènes mêlant improvisations, simulations, et quelques belles figures acrobatiques, il faut l'avouer. En tous cas ça reste très marrant. Pendant que notre voisin continue de vociférer des " cabron " et " puta madre " a répétitions, des vendeurs circulent entre les gradins proposant chips bien grasses arrosées de sauce, boissons et, surprenant… des crevettes, bonjour l'odeur !
                 En rentrant a l'Hôtel Victoria, une fois de plus Christophe fait son raleur en se mettant au lit : comme d'hab, ses pieds dépassent. Ok pour un taudis mais les pieds au chaud!


Lucha libre

Mardi 21 Février : Mole y camote
                 Puebla, la plus conservatrice et la plus espagnole des villes mexicaines est très agréable. Le Zocalo, très vaste, est entoure de palmiers éclairés le soir par des guirlandes lumineuses. Sa cathédrale a les tours les plus hautes de tout le pays et c'est ici qu'est née la première bibliothèque d'Amérique latine, la Palafoxiana. Ses trois niveaux en bois, ses anciennes tables de consultation et surtout ses antiques livres écrits a la main rapportes par les jésuites lui donnent une petit air de " Nom de la rose ". On s'y prendra a deux fois avant de feuilleter les livres…
                 Le musée Bello y Gonzales abrite une belle collection d'art notamment en provenance de France : porcelaine, cristal de Baccarat, bronzes, meubles Napoléon 1er, peintures, etc…
                 On termine par le musée d'art populaire poblano (=de Puebla), un ancien couvent. Les femmes d'alors n'avaient qu'une alternative : se marier avant 16 ans ou finir leurs jours entre les murs du couvent. Notre guide nous explique alors la raison des portes si basses : ainsi, les nonnes sont obligées de se baisser par humilité en signe de révérence au Seigneur. Vu le nombre de fois où Christophe s'est pris le chambranle des portes, c'est apparemment valable aussi dans les hôtels! Le clou de la visite est la célèbre cuisine entièrement carrelée d'azulejos blancs, jaunes et bleus. C'est ici qu'aurait été invente le mole poblano, la spécialité de la ville. Cette sauce, a base de cacao relevée d'épices et de piments, accompagne poulet et viandes blanches. Elle existait déjà chez les Aztèques, et les nonnes l'ont améliore. On a goûte plusieurs fois, le verdict est sans appel : on préfère un bon curry indien !
                 Pour rester dans les spécialités culinaires du coin, on fait un petit tour dans la rue des confiseurs et on goûte aux camote a base de patates douces, pas mal…
                 Ce soir avant le cine (" banditas ", una mierda avec Penelope Cruz et Salma Hayek), pour changer, c'est gargote de rue et tacos. Nos deux voisins de table quinquagénaires semblent apprécier la nouvelle couleur de Sophie et le plus moustachu se met a lui chanter la sérénade : Bonita, bonita, con tu pelo dorado…

Mercredi 22 Février : Cholula
                 En route pour Cholula à une demi-heure de Puebla. La guest est tenue par des mexicains super sympas qui travaillent avec l'UCPA pour tout ce qui est trek et escalade. C'est une grande maison avec quatre chambres, une cuisine collective et un salon/squatte ou tout le monde se retrouve, on se croirait a la maison. Nous faisons la connaissance d'Adrien, un jeune landais qui a prit ses clic et ses clac il y a trois ans et vit d'artisanat qu'il fabrique lui-même.
                 Les églises des villages voisins de Tonantzintla et Acatepes sont surprenantes. La première par son intérieur remanie par les indiens. On y trouve des angelots métisses avec des plumes sur la tête, des guirlandes de fruits tropicaux et de maïs, des dorures à n'en plus finir, le tout couvrant murs et plafonds. La seconde a une superbe façade recouverte d'azulejos multicolores. Les siciliens battus à plate couture!


Best of Eglise

                 On a d'ailleurs constate a travers toutes ces églises extraordinaires visitées, qu'elles ne nous apprenaient pas grand chose sur Dieu, mais beaucoup sur les hommes, ce qui est autrement plus passionnant.
                 On finit en haut de la pyramide de Cholula, la plus grande du pays mais encore presque entièrement enfouie sous la colline qui la recouvre, si bien qu'une église a été construite au sommet. De là-haut, on aperçoit le Popocatépetl ou Popo pour les intimes (5412m). Ce volcan toujours en activité est surnomme " le volcan qui fume " en raison des gaz qui s'en échappent continuellement. Sa bien aimée, l'Ixtaccíhualtl " la femme endormie" (5230m), se tient à ses cotes, les deux volcans représentant d'après la légende la relation amoureuse entre une princesse et un guerrier aztèque.

Jeudi 23 Février : La Malinche
                 Sophie reste à Cholula a farniente tandis que Christophe, dont les chaussures de marche le demangent, part en trek. L'ascension du Popocatépetl étant rigoureusement interdite a cause de son activité, il se rabat sur la Malinche (celle à la robe bleue), fameux volcan éteint culminant a 44854m. Levé à 5h30 du mat pour être au pied du camp de base (3200m) a 10h00! S'ensuivent 3h30 d'ascension au milieu des pins et des chardons. La derniere partie fut plus penible sur les pierriers et la poussiere. De la-haut, tres beau panorama sur le Popo et les neiges de l'Ixtaccihuatl. Pas un chat durant toute la journee mis à part un bucheron croise sur le chemin, une vraie communion avec la nature.
                 Le soir, deux etudiants francais qui sont ici a demeure ont prepare une reblochonnade pour faire gouter la cuisine des alpes aux Mexicains. Quel parfum ! Ca nous rappelle de lointains souvenirs...

Vendredi 24 Février : Chiche !
                 On traîne un peu " a la maison ", on dit au-revoir a tout le monde et en route pour Veracruz. Bien entendu, nous ne sommes pas les seuls à aller au carnaval pour le week-end. Le prochain bus avec quelques places libres est à 17h30, dans trois heures, ce qui nous fera arriver a 21h. Espérons que d'ici la on réussira a contacter Luis, notre hôte d'Hospitality club (réseau de personnes qui vous accueillent dans leur pays… a charge de revanche bien sur) qui reste injoignable, sinon il faut s'attendre a galérer (un mois de préavis au minimum pour les logements pour la periode du carnaval). 

                Tout s'arrange, nous avons réussi a le joindre, il nous attend…et il n'est pas seul. Quatre filles, deux mexicaines dont la soeur de Luis et deux allemandes profs a Mexico, ainsi que trois autres garçons, Arturo, celibataire trentenaire bon vivant, Bernardo le fetard branche musique et un autre " chavo " sont la aussi. C'est un squat étudiant genre garconniere. La chambre qu'il nous propose est celle d'un de ses deux colocataires parti chez ses parents. On vous laisse imaginer : paquets de cigarettes vides, gobelets en plastique et cendriers pleins a rabord qui traînent, sans parler du bordel général, des chaussettes sales oubliées, des odeurs, de la poussière et du lit…simple ! Bref un bordel agréable qui fait qu'on se sent de suite chez soi. Et ça tombe bien puisqu'on est la pour faire la fête et ils sont tous tres sympas.
                 Nous sommes accueillis avec bière, chips, salsa et reggaeton (melange de reggae muscle tendance rap sur fond de rytme latino) a fond les ballons. La bouteille de Tequila apportee ne dura pas longtemps. Christophe se " defile " au defi de vider la moitié de la bouteille de Tequila cul-sec (gros manque d'entrainement !) mais des réminiscences de soirées étudiantes l'amenent a relever le défi suivant qu'il est sur de tenir : courir une heure autour du pate de maison. Il est déjà 3 h du mat, les cadavres s'amoncellent et Sophie elle, est partie se coucher. Finalement ils seront trois en course dont dos chavos y una chava, Alma. Coucher 4h30 sans une galette !

Luis, Bernardo y las playeras del deportivo de la cruz azul y de los tiburones rojos

Samedi 25 Février : Le carnaval de Veracruz
                 Lorsque Sophie se réveille a 9h00, certains sont déjà (ou toujours) a la bière. A la lumière du jour, on se rend encore mieux compte de l'état de la baraque. Les deux salles d'eau ne portent pas leur nom pour rien. De l'eau, y'en a partout par terre jusqu'à l'entrée de notre chambre et, avec le passage, c'est plutôt de la gadoue. Quant à la cuisine, des dizaines de " cadavres " de bouteilles d'alcool sont posées pour " décorer ", les verres en plastiques et assiettes sales débordent de l'évier, c'est crade et le frigo ne contient que des bouteilles de bière. Christophe quant a lui, une larme à l'œil, retrouve avec nostalgie cette ambiance insouciante et conviviale de ses jeunes annees (pas si lointaines que ca finalement quand on a connu l'etat de son appart antes Sophie !).
                 Veracruz est un port, un vrai, le plus important du Mexique avec ses bateaux de pêche et ces énormes cargos. C'est ici que Cortes accosta avec ses caravelles et entreprit l'invasion du pays. En tous cas, c'est l'occasion de manger du poisson et le marche aux poissons reste l'endroit idéal. Sur deux étages, nous n'avons que l'embarras du choix. L'ambiance nous rappelle celle des brasseries populaires des halles, et des joueurs de marimbas (grand xylophone en bois originaire du Chiapas et du Guatemala) viennent ajouter une touche d'exotisme. Le cocktail de fruits de mers est compose d'huîtres, poulpes et crevettes qui baignent dans une sauce ketchup vraiment pas terrible. On les aurait preferes nature... Les crevettes à l'aïl par contre sont très bonnes. Dommage que ce pays, qui dispose d'excellentes matières premières, n'ait pas de cuistots a la hauteur. Le résultat est parfois surprenant…
                 Petite promenade sur le malecon qui longe le port. On croise quelques beaux spécimens de travestis, une des rares villes de ce pays de machos ou ils peuvent se ballader sans risquer de se faire massacrer ! Les vendeurs de souvenirs ont rivalise en matière de mauvais goût comme sur l'île de Janitzio: bateau en sable et coquillage, boule a " neige ", sac noix de coco, La Vierge entourée de coquillages, le Christ plante sur une croix de coquillages, chiens, grenouilles, tortues, souris, toujours en coquillages parfois peints, etc…ça nous rappelle les cadeaux qu'on faisait a nos mamans de retour de colo lorsqu'on était petit. Avec beaucoup de retard, mille excuses, vous pouvez maintenant les decrocher on vous en voudra pas.
                 Il fait chaud (on est redescendu au niveau de la mer) et tout le monde est sorti pour assister au défile. Les gens font leur provisions de bouteilles de bières, certains ont des choppes de 1,5 litres. Barbes a papa, maïs à la mayonnaise, chips, ballons, colliers phosphorescents, casquettes et chapeaux, et bien sur masques a paillettes, on trouve tout sur le malecon. C'est la que va avoir lieu le défile. Des gradins sont installes des deux cotes sur 8 Km ainsi que des podiums " Sol " et " Corona " animes par des minettes en short qui se déhanchent sur des rythmes latinos. En attendant le départ, on pousse jusqu'à la plage de sable gris qui ressemble davantage à une immense terrasse de café avec tables et parasols. Certains se baignent, picolent et d'autres ont plante leur tente. Un groupe de jeunes s'en est improvise une avec des branches, une bâche et du scotch ! Le soleil se couche et les spectateurs commencent à s'installer sur les gradins. 

              Des escadrons de policiers a motos, a pieds et a cheval déguerpissent les derniers promeneurs, des hélicoptères balaient le ciel de leur néons…un veritable show a l'americaine ! Ca va commencer…
                 Quelques 45 chars et des centaines de danseurs vont défiler pendant plus de deux heures. Quelques danseurs brésiliens, mais surtout des salseros rythment la parade. L'influence cubaine est ici tres importante, proximité oblige. Les chars sont assez décevants : surtout publicitaires et sans grande recherche décorative.

Défilé nocturne

                Apres 2h30, voilà que tout d'un coup les lampadaires s'éteignent sans pourtant avoir constate la fin du cortège. La faim commencant a nous tenailler et la fin approchant de toute façon, nous suivont le flux en pensant trouver de l'ambiance. Petit arrêt rôtisserie et les batteries pleines nous repartons. On se retrouve finalement a nouveau sur le boulevard 40mn plus tard pour constater que le défile a repris et n'est pas termine. On s'attendait à voir des groupes de musicos à tous les coins de rues et des danseurs un peu partout, et ben pas du tout ! Deux énormes concerts sont organises mais en dehors c'est plutôt mort, mis a par les gens bourres qui déambulent entre deux puestos et ceux qui rentrent chez eux au milieu des bouchons. A priori, la fête ça se passe dans les discothèques. Voit pas l'intérêt. Le carnaval s'eloigne de plus en plus de la rue et de son cote populaire. On aura l'explication plus tard, depuis quelques temps, les politiciens interdisent aux groupes de jouer dehors si bien que la rue devient un repere de gens alcoolises et les touristes et les mexicains friqués sont en boites. Le succès de l'événement l'a malheureusement dénaturé.
                 Nous n'avons pas reussi à retrouver toute la bande qui participait au carnaval et nous n'avons pas la clé pour rentrer. Finalement on arrive a joindre Luis au téléphone qui a fini son job de " garde du corps " auprès des miss Corona, il nous explique qu'ils vont aussi abréger la soirée. Bernardo revient encadre d'Alma et de la sœur de Luis toutes deux complètement bourrées (paraît que c'est a cause des tacos !). Les autres ne tarderont pas à rappliquer non plus.

Dimanche 26 Février : Pasame la botella…
                 A notre réveil, les gars sont déjà debout, mais comment font-ils ? Ils sont responsables de la securite des danseuses sur le defile, mais aujourd'hui, ils se sont levés pour rien : il pleut averse et le vent souffle fort, le défile est annule. Sophie en profite pour rester sur l'ordi pendant que Christophe se tape quatre heures aller-retour pour acheter les billets de bus.
                 La pluie s'est arrêtée même si le vent continue de souffler fort, on part en soiree avec Luis et ses potes. Direction la Caverna, une boite ou la moyenne d'age avoisine les 22 ans. On fait peter les bouteilles de Tequila et Havana Club et c'est partie pour une soirée aux rythmes endiables : latino, reggaeton, salsa, merengue y bandas.... Otra otra noche otra.... Il est 19h30 et l'ambiance est deja tres tres chaude, les corps se frolent, les regards changent et tout le monde danse. Par contre attention, hors de question pour Sophie d'aller seule aux toilettes. Elle doit etre escortée par Luis ou Bernardo. Paraît qu'ici on laisse pas sa copine, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver… Dans le même esprit, quand un couple se ballade dans la rue, la jeune femme doit toujours marcher cote mur du trottoir, le cote route signifiant qu'on " offre " sa femme… En tout cas, super soirée.
                 A notre retour, en cadeau d'adieu, Luis et un de ses collegues nous offrent les maillots de foot de leur equipe favorite. Nous sommes tres touches par leur gentillesse et leur accueil, et les invitons bien entendu a gouter l'hospitalite francaise des que possible.

Lundi 27 Fevrier : Vous venez quand vous voulez
                 " Encore un matin… ". Jean Jacques Goldman ! Sommes nous déjà rentre en France ?...Ouf non, nous sommes réveilles par la bonne vieille variété française que nous leur avons transfere la veille. Sophie leur fait également découvrir " Mexico" de Luis Mariano, totalement inconnu au bataillon des mexicains. Aujourd'hui ce sera une journée échange de musiques, nous completons notre discotheque des titres mexicains du moment, morceaux de bandas (musique typique d'ici), de salsa et de reggaeton.
                 Cette fois, on se serre fort dans les bras et on se dit au revoir, notre bus nous attend. Nous repartons avec, a nouveau, confirmation de la sympathie des mexicains.
                 Rencontre surprenante à la gare au milieu du capharnaüm post carnaval…des mormons dans l'accoutrement " classique " : femmes en robe longue avec dentelle, rubans et collerettes, hommes en salopette et chapeau de paille !
                 Il est 23h, nous arrivons à Villahermosa à 5h00.

Mardi 28 Fevrier : Maya Bell
                 On a reussi a fermer l'oeil mais pas question de faiblir, on enchaine a 06h00 avec 2h30 de bus pour rejoindre Palenque puis un collectivo qui nous depose a Maya bell, un camping proche des ruines au milieu de la jungle.
                 C'est le rendez-vous des babas du monde entier, dread lockers et sosies d'Antoine, ex-star des annees 60 reconverti en globe-trotter-opticien. C'est un endroit tres sympathique: des cabanes en bois sur deux etages accessibles par un tobbogan, des tentes ici et la et des hamacs proteges par des palapas, des abris de paille adequats. Ces derniers sont parfois " amenages " par des clients en sejour prolonge. Ca ressemble un peu aux cabanes a la Robinson Crusoe dont on reve enfant : un hamac pour lit, des caisses de bois supendues pour les rangements et un rechaud dans un coin, sans oublier la petite touche deco avec le mobile qui pendouille a l'entree.
Question paysages, nous sommes à présent dans l'état du Chiapas, la région la plus pluvieuse et la plus tropicale du Mexique. Et, qui dit tropicale, dit végétation luxuriante et climat chaud et humide. Ca nous change des paysages arides traverses jusqu'a présent ou de la fraîcheur des hauts plateaux volcaniques.

                Le Chiapas est aussi la région la plus " indienne " du Mexique et comme par hasard… la plus pauvre. Alors que les indiens représentent 10% de la population mexicaine, ici ils sont 30%, principalement des Tzotziles, Tzeltales, Choles et Lacandons, descendants des mayas pour la plupart. Dans certains villages recules, ils ne parlent pas espagnol mais leur propre dialecte. Le gouvernement n'a toujours pas reconnu la légitimité de cette population indigène et exploite les nombreuses richesses naturelles de leurs terres (pétrole, gaz, élevage, café, maïs) sans en redistribuer les bénéfices. C'est ainsi que 80% des enfants y souffrent de malnutrition, que 80% des habitants n'ont ni eau ni électricité et que, par conséquent, nous sommes en territoire zapatiste ! C'est ici qu'est ne l'EZLN, Ejeccito Zapatista de Liberation Nacional, avec a sa tête le célèbre commandant Marcos et sa cagoule, aussi médiatique que le couvre-chef a cornes de Jamiroquai.: " Nous autre indiens, nous étions invisibles, il a fallu que nous cachions le visage pour que l'on nous voie ".

Indigena

                Apres le montage de notre tente, nous reprenons le collectivo pour retourner a la ville faire quelques courses et un petit tour sur Internet. Puis petit footing de " décrassage " un peu dur pour Sophie qui avait oublier ce que c'était, heureusement elle sera récompense le soir même par un petit dîner aux chandelles: une salade directement dans la casserole sur une table de fortune (un cageot en carton) éclairés de nos lampes frontales.

Mercredi 1er Mars : À ton avis, les trous, c'était pour quoi faire ?
                 Le site Maya de Palenque dont l'apogée se situe entre 600 et 700 après J.C, est encercle par la jungle. Une grande partie est toujours enfouie sous cette épaisse végétation et appartient encore pour longtemps aux royaumes des singes hurleurs, dont les cris nous accompagneront tout au long de la journée. Nous le visitons tranquillement et dégustons nos sandwiches en haut de la pyramide de la cruz, avec vue sur le centre religieux et le palacio.


Palenque
                Nous découvrons des endroits au sinistre passe : c'est dans cette pièce qu'on arrachait les cœurs et les entrailles des sacrifies destines a être manges par les chefs pour leur procurer force, bravoure, etc…(y'en a qui croient encore que les ailerons de requins font bander alors …). Et les trous ? Ca servait peut-être a évacuer le sang…Sans guide détaille, on est bien oblige de jouer aux devinettes !
                 La visite, vraiment agréable, se termine dans un cadre un peu plus sauvage au milieu de douces cascades étagées. Passage oblige au musée pour admirer des brule-encens magnifiques et des écritures hiéroglyphiques très surprenantes.

                 Fin de journée à la piscine ou seul Christophe aura le courage de se baigner dans une eau douteuse. Sujet du jour autour du repas du soir : Que pourrions-nous apporter a ces civilisations précolombiennes si nous remontions le temps tous les deux? L'électricité, euh…comment on fait ? Le travail des métaux… au fait, ça ressemble a quoi a l'état naturel ? La roue ? Ca peut-être...

Jeudi 2 Mars : Une fois ça va, deux fois, bonjour les dégâts.
                 Hier culture, aujourd'hui nature, en route pour les cascades d'Agua azul et les chutes de Misol-Ha. Quelques panneaux de l'EZLN jalonnent le chemin : " Ici le peuple commande et le gouvernement obéit ". Info ou intox.


Info ou intox?

                Les eaux d'Agua azul, boueuses l'hiver, deviennent turquoises en avril-mai. Nous avons donc la chance de voir des eaux limpides se déverser en cascades sur un kilomètre. Nous les remontons jusqu'à ce que l'on tombe sur les gardes forestiers en pleine contemplation. Ils ont repere des chiens d'eau, ce que nous appelons des loutres, en train de pêcher des poissons. Il y a trop de personnes en bas pour les apercevoir, ici elles sont a peu près tranquilles. Plouf ! Elles nous ont vu…Petite baignade revigorante pour Christophe puis pique-nique au bord de l'eau.
                 Pour se rendre aux chutes de Misol-Ha, c'est un peu plus la galère : les bus qui passent reviennent sur Palenque complets. Une autre solution consiste à faire de l'auto-stop. La deuxième voiture, une camionnette plus exactement, s'arrête avec trois hommes à l'avant. Ils nous offrent gentiment les places arrière, à l'intérieur du chargement. Nous acceptons. On n'avait pas réalise en montant dedans qu'il n'y avait ni fenêtres, ni lumière et qu'on serait enfermes de l'extérieur. Les échelles manquent de nous tomber dessus a chaque virage et les fréquents dos d'âne nous projettent a l'avant. On ne se sent pas très bien sans repères visuels, Sophie hésite à descendre. On commence à cogiter : si on avait un accident, on serait bloques, t'imagines si ça prenait feu…et ces types, ils pourraient nous enlever facilement, la région du Chiapas n'étant pas réputée pour la sûreté de ses routes… Par chance, on a sur nous notre lampe frontale. Christophe, toujours alerte, entreprend de fouiller dans la sacoche d'un des mexicains et épluche le portefeuille en quête d'indices suspects…trois cartes de crédit, une carte d'abonnement vidéo… La fourgonnette s'arrête. On nous ouvre. Ouf, nous sommes arrives. Nous remercions nos " kidnappeurs " et marchons vingt minutes pour rejoindre les chutes.
                 Hautes de 40 mètres, elles tombent a pic dans un bassin. On peut aussi passer derrière pour aller dans la grotte et y voir des fossiles incrustes dans la roche. Malheureusement, nous ne les verrons pas. Sophie vient de réaliser qu'elle avait oublie le guide à l'arrêt d'Agua azul a quarante kilomètres de la. Merde, merde, et merde ! Ca fait le deuxième qu'on perd (le premier ayant été laisse en offrande dans une église à Taxco), et cette fois on n'en a pas de rechange. Christophe ne s'avoue pas vaincu et décide de retourner sur place. Sophie, déprimée, retourne directement à Palenque. Le pauvre revient bredouille deux heures plus tard. Tant pis, on vadrouillera dorénavant a l'aveugle…
                 Comme tous les soirs, y'a de l'ambiance au camping. Les tables de resto sont toutes occupées pour assister au concert d'un groupe de ska mexicain. On retrouve la faune du coin, les vieux roots aux dreadlocks leur chatouillant les reins, cette troupe de français ayant retape un bus londonien pour présenter leurs numéros de cirque a travers le monde, cet " Antoine " mexicain a la barbe grise qui vendait des bracelets a Avignon l'été dernier et … par le plus grand des hasards, les trois types en train de manger à cote de nous sont … nos " kidnappeurs "! On taille un peu la bavette et faisons plus ample connaissance.
                 Au moment de prendre la photo souvenir, dernière galère de la journée : l'appareil photo ne fonctionne plus, l'écran a du prendre un choc, il est fendu. Coño !
                 Avant de se mettre au lit sous la tente, dans nos duvets qui perdent leurs plumes, on se badigeonne d'anti-moustiques, ça fait deux nuits qu'on se fait bouffer par les mosquitos, commence à bien faire ! Bzzzz BZzzzzz…

Vendredi 3 Mars : Campeche
                 Levés 6h30 du mat, démontage de la tente, combi, gare routière de Palenque, six heures de route, la ville de Tabasco, deux films, arrivée a Campeche, il est 14h00.
                 On pose nos sacs à la Monkey guest house au pied du zocalo avec vue sur la cathédrale. Nous sommes les seuls dans un dortoir de cinq, cool.
                 Campeche fut un port très souvent assiége par les pirates, pillée régulièrement par tous les flibustiers des caraïbes. C'est pourquoi une enceinte fut construite pour la protéger. Ce fut la seule ville fortifiee du Mexique dont la muraille soit restée intacte…. jusqu'à ce qu'un élu la fit détruire en pensant y trouver de l'or il y a cinquante ans !
                 Malgré tout, elle gagne sa place de " Patrimoine de l'Humanité ". Son centre historique est une explosion de couleurs pastelles. Les rues sont bordees de maison peintes de toutes les couleurs et nuances. Les portes et fenêtres sont surmontes de chapiteaux et de balcons en fer forge. Nous terminons la ballade par el maricon, la promenade de bord de mer.
                 Au resto, on découvre les " tamales ", sorte de polenta onctueuse avec du poulet servi enroulée dans des feuilles d'épis de maïs ou de bananier. Nous goûtons aussi au " Pollas ", un cocktail muy rico a base de lait, d'œuf, de Rompone (creme de rhum), de vino Jerez, sucre et cannelle. Hic !

Samedi 3 Mars : Le zocalo du samedi soir
                 Au petit dej, on fait la rencontre de Laetitia, une suisse de 27 ans originaire du Congo qui voyage seule un an. Par bonheur, elle a un guide en francais. Quelques 180 photocopies, une reliure jaune histoire de ne pas le perdre une nouvelle fois et voila notre nouveau guide! Reste à racheter un nouvel appareil photo. Ce sera chose faite, le même en neuf.
                 Au retour de notre petit footing entre le malecon et la forteresse San José, nous trouvons le zocalo en pleine effervescence. Jeux de loto collectif, spectacle de clown suivi d'une sorte de karaoké géant, musique et nombre de gargotes ont été installées. Les familles sont de sortie comme tous les samedis. On descend se mêler à la foule pour grignoter un bout. Y'a pas a dire, ce ne sont pas des gastronomes : c'est degeulasse, pourtant elles avaient l'air plutôt appétissantes ces salades de pâtes … Fin de soirée devant une bière avec Laetitia.

Dimanche 4 Mars : Merida la musicale
                 Au reveil, Sophie est couverte de piqures atteignant facilement le nombre de 200 (si si, elle les a comptées !!), et ce ne sont pas des moustiques cette fois, ce sont des puces ! Elles ont elu domicile uniquement dans son matelas puisque Christophe est indemne. Ca gratouille...
                 En route pour Merida, baptisee ainsi par les colons espagnols du fait de sa ressemblance avec sa consoeur europeenne. La capitale du Yucatan ne fait pas dans la fantaisie, Mérida est composée de " cuadras " delimitees par des rues quadrillees portant des numeros. Notre guest Nest se situe donc dans la calle 67 entre la 68 et la 70eme, en effet, pour encore plus d'efficacite, les paralleles sont paires et les perpendiculaires, impaires.
                 La ville n'est pas particulierement jolie mais nous sommes dimanche et le zocalo est tres anime. Face à la monstrueuse cathedrale qui le domine, de nombreux indiens derriere des stands d'artisanat encerclent la place. De fil en aiguille, on se retrouve dans une cooperative d'artisanat maya. Outre les epais tissus barioles de couleurs vives, les moulages et les poteries, ils vendent des hamacs, specialite de Merida. On savait qu'il en existait en coton, trop fragiles et en synthetique, moins confortables. Nous découvrons aujourd'hui ceux en " sisal ", une fibre naturelle provenant du cactus alliant a la fois confort et resistance. Et c'est vrai, qu'est ce qu'on est bien la-dedans ! Grave erreur de l'avoir teste, du coup on craque pour un king size. On ne sait pas ou on le mettra dans l'appart mais en attendant, il risque de nous etre utile pour la suite.
                 Tous les dimanches soirs, le zocalo est investi des danseurs de tout age. D'abord un grand bal avec son orchestre qui fait danser les plus ages, puis un peu plus tard, c'est la calle 60 qui prend le relais. Des groupes enchainant salsa, cumbia, banda et merengue rivalisent pour nous faire danser devant les terrasses de cafes. Une ambiance de bal populaire qui se finit sans bagarre, les anciens montrant sans complexe le pas aux jeunots. En France, il suffit de pousser la sono un peu fort pour voir debarquer les poulets prévenus par la coincée du 3eme, de vendre des bieres à 1,5 euros pour que ca se finisse mal, sans oublier les " loulous " qui en profitent pour foutre le bordel, quel dommage! Ici, on apprecie vraiment beaucoup cette ambiance festive et bon enfant.


Goza goza

Lundi 6 Mars: En jaune et blanc
                 En route pour Izamal à la decouverte du plus grand couvent du Mexique construit par les Franciscains (vous vous souvenez, les " mechants "). Le couvent San Antonio de Padua est peint aux couleurs de ce charmant village, en jaune et blanc. On dejeune sous les arcades (jaunes et blanches) du marche. On teste les chilaquiles, des petites tortillas frites (donc bien grasses) avec dessus poulet, tomates et oignons. D'une maniere generale, quelques soit les specialites, on retrouve les memes ingredients, ca a donc a peu pres le meme gout que les autres.
                 Soiree plateau-tele devant " Double risque " avec T.Lee Johns et Ashley Jude. On fait la connaissance du garcon qui tient la guest durant la nuit. Il apprend le francais. Il sera tres content de trouver enfin les paroles de " Aïcha " Ah, douce France...

Mardi 7 Mars: Uxmal
                 Si on veut visiter Uxmal, un des plus beau site maya avant que ne se deversent les cars de touristes, il faut se lever tot : 5h15, la tranquilite ca se paie. Il nous faut 1h30 pour arriver aux portes du site qui ouvrent dans trentes minutes.
                 On rencontre Anna et Tristan qui sont au Mexique pour deux semaines, mieux renseignes que nous ils nous guideront au cours de la visite du site.
                 Ici, le dieu maya Chac a remplace l'aztec Tlaloc, mais tous les deux représentent le même dieu de la pluie. Tres stylise, il est represente de maniere tres geometrique avec un nez crochu sur tous les monuments. On saisit l'importance de ce dieu par le nombre de représentations sur les murs des temples et pyramides, bizarre il est beaucoup moins populaire a Paris. On retrouve bien evidemmment serpents, jaguar et perroquets. Pour rester dans le bestiaire, le site est colonise par des iguanes qui se prelassent au soleil et des centaines d'hirondelles qui ont elu domicile a l'interieur des temples.


Locataire

Chac chac chac

                 Nous apprenons enfin comment les mayas jouaient a la pelote, qui tient d'ailleurs plus du basket que de notre pelote basque: par équipe de six, il fallait faire entrer la balle dans l'anneau a l'aide des hanches, des genoux, des coudes et du pied droit en faisant attention a ne pas perdre la tete !
                 En attendant notre bus, nous pique-niquons au bord de la piscine d'un hotel proche du site. On goute aux mameys et zapotes, des fruits inconnus jusqu'alors. Et c'est la panse remplie que nous naviguons vers la ville de Mérida puis la charmante bourgade de Valladolid.


Mercredi 8 Mars: Chichen Itza
                 La guest est tres chouette, des couleurs partout, des hamacs dans le jardin avec les sanitaires et une grande cuisine a l'exterieur sous un auvent. Le dortoir par contre est une peu etrique et il ne reste plus que les lits superieurs sans barrières (Sophie qui a peur de tomber…)
                 Ce matin, c'est maillot de bain. Le Yucatan est connu pour ses sites archeologiques mais aussi pour ses " cenotes ". Les cenotes sont des puits naturels, des grottes souterraines ou l'eau pure provient de nappes phreatiques. La voute percee laisse entrer les rayons de soleil qui illumnine merveilleusement les stalactiques et l'eau turquoise ou nagent des poissons-chats. C'est aussi le repere des hirondelles et des chauves-souris. Dans celle de Saluma, les racines d'un arbre en surface plongent de quinze metres pour effleurer l'eau. La plus celebre est celle de X-Keken, pas plus jolie a notre avis mais plus tentante pour un petit plongeon et Christophe ne se fait pas prier.
                 A la sortie, nous decouvrons sans plaisir un minuscule zoo. Les betes sont dans des cages ridiculement petites en beton et grillage. C'est trop triste de voir ce pauvre jaguar dans quatre metres carres et ce hibou effraye par les chiens errants qui se prend les grilles en essayant de voler. Sophie, une fois de plus, n'hesite pas a rassembler son espagnol pour dire au responsable ce qu'elle en pense!
On repart en auto-stop en direction du site de Chichen Itza. On n'est pas les seuls, des dizaines de cars sont parques devant l'entree. Heureusement, le temps d'avaler quelques quesadillas et ceux du milieu de matinee (les heures de pointe) sont repartis.
                 Vaste centre maya entre les VII et IXe siècle, le site fut abandonne au profit des Toltèques qui y ajoutèrent leur petite touche perso. Comme beaucoup d'autres grandes cites précolombiennes, celle-ci s´est aussi éteinte mystérieusement…
                 Il y a donc deux parties distinctes au niveau du style architectural, l´ancienne partie maya caractérisée par des partie droites et rectilignes et des sculptures hyper symbolistes (t'es sur que tu vois un serpent la, c'est pas plutôt un perroquet…) et la partie toltèque avec des formes beaucoup plus réalistes et des contreforts inclines. L'influence des belliqueux Toltèques ne se cantonne pas à leur style architectural. De nombreuses sculptures ou fresques représentent leur pratique des sacrifices humains pour satisfaire Tezcalipoco (Miroir fumant), le dieu de la guerre et de la sorcellerie. Christophe apprécie beaucoup le cote morbide des bas-reliefs avec à foison scènes de décapitation, crânes ou aigles mangeant des cœurs humains.
                 Ca, du sang, il en a coulé par torrents dans ces temps là, et des profusions de cœurs humains furent allègrement arrachés. Sans parler des crânes brisés des victimes sacrifiées aux jeux de pelote.
                 Les Mayas, avaient initialement choisi une solution moins " sanglante ", et sacrifiaient leurs propre corps pour faire sortir le précieux liquide, mutilant leurs mains, leurs poignets, leurs organes génitaux, et compagnie. Ils avaient pour habitude de ne faire des sacrifices que quand c'était strictement nécessaire (après les récoltes…) et uniquement du sang le plus pur car il s'agit de nourrir les dieux.

                Les vrais méchants étaient les Toltèques qui sacrifiaient a tout va. On retrouve cette différence entre les peuples mayas et toltèques pour l'issu du jeu de pelote. Pour les premiers on sacrifie le capitaine de l'équipe gagnante pour la pureté de son sang, et pour les seconds c'est toute l'équipe perdante. Chitzen Itza possède d'ailleurs le plus impressionnant terrain que nous ayons vu jusque la et de nombreux autres trésors architecturaux, pyramides, observatoire, bains thermaux etc…

Pelote

                 Les Aztèques quant à eux étaient encore pires avec leurs sacrifices en masse de prisonniers de guerre. Au fond, à quoi servirait la guerre si ce n'était pour faire quotidiennement provision de prisonniers tout frais ? Une fois, 20 000 d'entre eux furent sacrifiés en une fois au Temple Mayor de Tenochtitlan.

                 Nous trouvons aussi a Chitzen Itza une large fosse naturelle représentant pour les mayas, une porte sur l´inframundo. C´est dans ce puit sacre qu´étaient sacrifies les enfants pour leur pureté. Comme il y a deux mètres de boue dans le fond, les corps ne remontaient jamais, ce qui confirmait qu´ils avaient accède a une nouvelle existence. Des dizaines de crânes et des parures d´apparat y ont été découverts.
                 Nous patientons une heure avant que ne débute le spectacle de son et lumières. Le plus étonnant est la reproduction d'un serpent sur l´escalier de la pyramide. Au moment des équinoxes de mars et de septembre, grâce a l'effet conjugue de l'ombre et du soleil au moment ou il se couche, un serpent se dessine quelques heures par jour pendant une semaine On reste admiratif devant les connaissances en astrologie que possédaient ces civilisations.

Jeudi 9 Mars : L'Urban Hostel
                 On passe une bonne partie de la journée dans le car pour rejoindre Playa del Carmen.
                 Pas facile de trouver une guest qui nous convienne dans cette place pourtant touristique. Les deux premières proposaient des dortoirs géants non mixtes. Christophe s´est fait prier sans manière de sortir de la chambre des femmes et de toquer à la porte s'il désirait me parler. Non mais, qu'est ce que c'est que ces manières alors !!!
                 Nous atterrissons finalement a l´Urban hostel, petite guest en rénovation depuis le passage de l'ouragan Wilma qui a volatilise son toit. Pour décrire cet endroit atypique, nous citerons le Guide du Routard : " Il y règne un doux capharnaüm et on y fait des rencontres enfumées… ", et c'est un euphémisme ! En effet, il ne faut pas regarder de près le ménage, les toilettes font face aux tables de la salle a manger (bonjour l'intimité), la cuisine est crado, c'est le bordel le plus complet, il n'y a que deux casseroles et le dortoir est une enfilade de lit superposes en béton colles les uns autres (re-bonjour l'intimité). A part ça, c'est le rendez-vous des squatteurs, des jeunes un peu paumes (une allemande de 18 ans qui y a élu domicile depuis trois semaines a sa photo dans le journal du jour; ses parents sans nouvelles avaient donne l'alerte), et des fumeurs de joins (y'en a un qui se fait son trip techno transe tout seul devant son poste). Mais bon, l'ambiance " destroy " est conviviale et les deux jeunes gérants sont très sympathiques.
                 Quelques courses avant de se faire un petit apéro vin très apprécie et c'est parti pour la fiesta. On ne savait pas où étaient les 80% de touristes nord américains du Mexique, aye ! On les a trouves, ils sont la, entre Playa et Cancun. Il en deborde de tous les bars. Première destination, le blue parrot sur la plage où règne une ambiance R&B special spring break. On est cependant loin des minettes des clips R&B mis à part la vulgarité. Ici il sont tous blancs avec surcharge pondérale, et ils dansent comme des étudiants de math sup a Louis Le grand. Enfin bon, il ne faut pas cracher dans la soupe. Playa del Carmen (et Cancun à un niveau supérieur) est l'endroit idéal quand on a entre 18 et 25 ans, célibataire, et qu'on veut comme Popeye " accumuler les kilos "… On enchaîne avec le Mambo, déjà un peu plus couleur locale avec son groupe latino, qui a malheureusement fait place a de la variété. Enfin, la soirée se termine à la Santanera, une after electro. Le jour se lève, il est temps d'aller se coucher…


Vendredi 10 Mars : Tranquilo


            Lever tardif, pas la patate pour faire autre chose que plage. Jogging décrassage en fin de journée a l’initiative de Christophe (cela va sans dire). A la guest, on fait un peu plus connaissance avec la clientèle du lieu : Derick, un instructeur de plongée belge fumeur de hachisch, une barcelonaise proche de la quarantaine et junkie, un français la cinquantaine sans doute ex-baba cool si l’on se refere a sa longue chevelure grise et a l’intervalle de temps entre deux pétards, et une mexicaine somme toute « normale »...

Vamos a la playa oh oh oh oh

Samedi 11 Mars : Les cenotes
            La sortie en mer prévue est annulee en raison de la houle. Avec Audrey et Nicolas, jeune couple chti-parisien, on se reporte sur les cenotes ou « dzonot » (puit sacre) comme l’appelaient les mayas. Nous en avions déjà touche un petit mot à  Valladolid et Chitzen Itza., voici la grande histoire de ces grottes immergées uniques au Monde : il était une fois, il y a 65 millions d’années, une météorite qui régla son compte aux dinosaures et qui fit émerger la péninsule du Yucatan tout en créant dans ses sols calcaire le plus vaste réseau de rivières souterraines au monde. On trouve donc dans ces rivières de l’eau douce en surface et de l’eau de mer en dessous (la densité est plus importante). Plus on s’éloigne de la cote plus cette ligne de démarcation est profonde. Pour en revenir aux cénotes, ces trous sur l « inframundo» se sont crées avec le poids de la végétation en surface, quand l’eau se retirait. CQFD ! L’attrait pour les plongeurs pour ces grottes résident dans les jeux de lumière et les paysages sous marins.
            Le seul petit hic, c’est qu’il faut explorer la caverne dans une semi obscurité muni de lampes, et surtout…on a un toit au dessus de la tête. En cas de panique, on ne peut pas remonter, il faut d’abord sortir du tunnel. Le cavern diving impose néanmoins des règles strictes : il faut toujours apercevoir la lumière du jour, rester a dix mètres maxi de la surface a la verticale et a 30 mètres de la sortie d’un tunnel.
            Cela ne suffit pas à rassurer Sophie qui, après le troisième essai, déclare forfait. De son cote, Christophe ressort enchante de sa plongée : les rayons lumineux, s’engouffrant  entre des stalagmites et dans des grottes, créent une palette de bleus, de verts et blancs fabuleuse. Des traces d’anciens foyers montrent que les mayas venaient jadis y brûler leurs morts quand l’eau n’immergeait pas la caverne. Les cenotes étant les seuls points d’eau douce, ils ne pratiquaient pas de sacrifices pour ne pas la souiller (excepte a Chitzen Itza pour son caractère sacre).
            Le soir, nous retrouvons Audrey et Nicolas pour boire un verre. Ils n’ont que deux semaines pour profiter des merveilles du Yucatan et 12 heures de travail par jour les attendent à leur retour. Nous prenons conscience de notre chance et les motivons à franchir le grand pas…

Dimanche 12 Mars : France 31 Angleterre 06
            La mer toujours agitée à Playa nous oblige à prendre le ferry pour rejoindre l’île de Cozumel. En longeant l’île sur le bateau du club de plongée local, on constate les dégâts causes par l’ouragan Wilma en 2005: bateaux en réparation, habitations écroulées et surtout, les arbres sont complètement détruits, plus une feuille ne subsiste. Evoluant a une vitesse de deux Km/heure avec des vents de 400 km/h (soit deux fois plus forts que ceux de notre tempête de 1999), pas étonnant que ça « décoiffe ».
            Sous l’eau, la visibilité est excellente. On constate que les coraux sous-marins, eux aussi, n’ont pas été épargnés malgré quelques beaux restes. Nous découvrons les mêmes poissons vus aux Maldives en bien plus gros, ils sont énormes ces poissons-anges, et ne parlons pas des mérous!
            Sur le chemin du retour, nous avons une extraordinaire visite : des dauphins qui nous devancent a l’avant du bateau.

Lundi 13 Mars : Rupture
            Nous ne l’avions pas écrit  dans le carnet mais nous avons vécu une rupture de deux semaines à notre arrivée au Mexique. D’un commun accord, nous avions décide de continuer la route ensemble puis les choses se sont arrangées. La proximité n’a jamais facilite les ruptures. Malheureusement, cela fait déjà plusieurs jours que l’entente entre nous n’est plus au beau fixe. Trop de pression, de désaccords, de manque d’oxygène, bref, nous avons pris la décision de nous séparer et, cette fois, de prendre des chemins en solo. Comme l’a si bien dit Nicolas Bouvier, « On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »
            Pour la suite du carnet, nous présenterons donc nos parcours respectifs l’un a la suite de l’autre. Pour des raisons personnelles, comme vous pouvez l’imaginer, nous ne ferons pas étalage de nos états d’âme respectifs.


SOPHIE

Lundi 13 mars : Tulum
            Je décide de partir pour Tulum. Je m’installe à la Weary traveler guest house dans le village, je ne me voyais pas dans ma cabane seule au bord de l’eau. Il y a du monde, ça à l’air sympa même si les installations sont plus que précaires. Je tombe dans une chambre de mecs sans un casier pour mettre ses affaires. Le lit superpose est bringuebalant, le matelas en mousse de 5 cm d´épaisseur ne suffit pas a amortir les barres de métal du « sommier » et il n’y a pas d’échelle pour grimper. Il n’y a qu’un toilette ferme par un rideau et juste une douche commune situes dans la salle Internet et vidéo a proximité des autres voyageurs.
           Je rencontre Benoît, français, instructeur de plongée a Playa del carmen qui m’explique pour la enieme fois le vidage de masque puis de Claire une française qui attend comme moi la navette pour aller a la plage. Du coup, nous passons la journée ensemble.


On the beach

            L’eau de la mer des caraïbes est excellente. Petite pause déjeuner sur le resto de bord de mer avec deux japonaises.
            Je décide de visiter le site de Tulum en fin de journée. C’est un peu décevant après tout le bien qu’on m’en avait dit. Sur le chemin du retour, on me propose à deux reprises de me ramener au village sans même avoir fait du stop. C’est en scooter que je rentre à la guest.
           Le mexicain de la réception me prend en amitié et m’offre une bière. Claire est partie dîner avec Michel un français de 52 ans qui voyage plusieurs mois. Nous faisons la connaissance de Sebbastion, un américain très effémine, un peu « folle » sur les bords. Il passe un niveau de plongée et travaille dans l’esthétique et les massages. Il est très « extravagant ».

Mardi 14 Mars: Xel-ha, l’arnaque
            Petit déjeuner sympa, fruits, pancake etc…
            Je vais louer masque et tuba pendant que Claire achète à manger. Nous prenons le collectivo pour Xel-Ha.
L’entrée est super chère. C’est un parc d’attraction à la Disneyland sauf que les attractions il faut les chercher. La rivière à descendre en bouée est pitoyable. Tout le monde avec un gilet de sauvetage sur le dos tente de ramer avec les bras pour pouvoir avancer, c’est risible. Quand au snorkelling, il y a bien plus d’américains dans l’eau que de poissons. Les plus gros sont la uniquement car ils sont nourris. Remarque, quel poisson se plairait dans cette piscine a touristes ? Par contre tout est fait pour dépenser son argent : passage par la boutique obligatoire, photo sur la bouée ou avec les perroquets, etc… C’est lamentable.
            Au retour, je m’aperçoit que j’ai oublie masque et tuba dans le collectivo qui est déjà reparti depuis dix minutes. Claire m’accompagne pour tenter de le retrouver. Un chauffeur passe un appel général et bingo, il est toujours dedans. Je le récupère dans deux heures à son retour de Playa del Carmen ainsi que ma caution de 200 pesos.
            Avec Claire et Michel, nous faisons un petit tour sur la place ou il y a une sorte de fête foraine permanente et un concert. Sebbastian nous accompagne ainsi que Moritz, un allemand qui vient d’arriver. Nous croisons aussi les deux japonaises. La fête commence sans doute plus tard, seuls trois types bourres ont pris possession de la piste de danse décorée de fanions colores.
            Au retour, Sebbastian me fait un super massage a base d’étirements et de points d’acupressure. Un peu douloureux mais excellent

Mercredi 15 Mars : Fiesta a la guest
            Pour me défouler, ce soir, j´organise une petite soirée a la guest. On achète une bouteille de rhum Havana, coca et jus, on branche l’X-drive et en avant la musique. Michel, Claire, Sebbastion, Moritz et moi nous déhanchons sur les rythmes années 80. Puis commence le cours de salsa auquel nous participons, c´est très sympa. On termine la soirée dans un resto-concert. Il fallait vraiment que je sois « alcoolisée » pour danser sur du reggæ. Nous envahissons la piste de danse qui était vide avant notre arrivée.

Jeudi 16 Mars : Monokini
            Ce matin, nous partons à la plage avec Claire, Moritz et Sebbastian. Comme tous les lendemains de fête, pas le courage de faire grand-chose, juste assez pour baignade, bronzette et lecture. Seul fait marquant de la journée : on se serait cru dans un gag lorsque Sebbastion a ôte son short pour se mettre en maillot de bain: en dessous il avait un…string. Puis il est parti se baigner en se dandinant avec ses petits bourrelets qui dépassaient du string. Quel phénomène !

           Le soir à la guest c’est soirée spaghettis, quelques petites courses puis on s’y met tous ensemble pour cuisiner. Deux « nouveaux » se sont joint au groupe, Matthias et Carol originaires d’Allemagne.
L’ambiance dans la cuisine est très conviale et las pates excellentes !

Soirée pâtes

Vendredi 17 Mars : One more night
            Avec Sebbastion, Claire et Moritz, on décide d’aller a la caleta Yac-mul. On prend le collectivo puis on se fait prendre en stop par un américain super sympa. L’entrée est payante mais on réussit à esquiver en passant par la mer. Je glisse et me blesse sous le pied, fais chier ! Le cadre est très chouette et y’a pas trop de monde. C’est une petite crique à l’eau limpide et tranquille. Les groupes de touristes avec gilet de sauvetage se sont pointes un peu plus tard. De Snorkelling en discutions, je décide de rester ce soir avec eux pour la beach party.


Caleta Yac-mul

            Le problème c’est qu’il faut rentrer à 15h si je veux changer mon billet. On galère un peu mais deux jeunes américaines nous prennent en stop et nous dépose a la route principale. On traverse à toutes bombes pour chopper le collectivo, c’est alors qu’un accident a lieu entre les américaines qui ont voulu couper la route pour faire demi-tour et un taxi qui arrivait. Pas de blesses mais l’avant des voitures sont complètement défoncés. Ils descendent tous pour les aider, moi je dois aller a la gare. A mon arrivée, quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur Sebbastion qui m’attendait puis sur Christophe qui prend son car. Le mec du guichet m’explique qu’il n’est pas possible de changer le billet, il faut le revendre dans l’heure qui vient ou bien c’est perdu. Je dois quand même me doucher puis me préparer au cas ou. Bingo, le billet a été vendu, je reste ici ! On décide de se faire une bouffe ce soir, ce sera spaghettis. Courses avec Sebastian et Matthias, un allemand de 39 ans arrive hier a la guest puis préparation du repas tous ensemble pendant l’apero. C’est vraiment sympa cette ambiance.
Les pâtes sont au goût de tout le monde. Le cours de salsa va commencer, c’est l’occasion de faire une petite démonstration avec Matthias qui a appris à Cuba. Direction la Véranda sur la plage. Le cadre est super, terrasse avec bar et piscine avec vue sur la mer et la lune qui s’y reflète. C’est d’abord un concert de percussions puis techno lounge.
            Claire après avoir disparue un bon moment revient les cheveux mouilles : elle a fait un bain de minuit avec Maurice et même plus… Comme je devais partir aujourd’hui, je suis SDF. Claire me prête son lit, elle dormira dans le lit de Moritz.

Samedi 18 Mars : Adios amigos !

           Je suis réveillée par le « franglais » France profonde de Michel. Dernier petit déjeuner. Mathias me propose de partir cette après-midi avec moi après sa plongée, j’accepte. Tout le monde se prépare à partir, j’ai les boules. Claire et Moritz partent ensemble à Cancun. On espère bien se revoir plus tard car nous avons passe de bons moments ensemble.
            Mathias a failli rater le bus, il est arrive in-extremis. Arrives, il nous reste a changer des dollars, acheter le billet pour demain et faire quelques courses.
            On degotte une chambre pour deux au José Luis hôtel. On y retrouve ... Michel.

Michel

 

CHRISTOPHE  (toujours à Playa del Carmen)

Lundi 13 mars : Tulum

           La mer est agitée, mais les clubs de plongée ont fait pression pour lever l’interdiction du port de sortir en mer. Bilan : trois personnes malades sur huit plongeurs, inutile de vous dire que les poissons ont été bien nourris…
            Le site à découvrir aujourd’hui s’appelle Tortuga, et comme son nom l’indique on peut y voir des…tortues.  Soit plus d’une quinzaine au total, ainsi que trois belles raies. Une fois sous la houle, comme on dit par ici, un buceo de puta madre !! (qui ne signifie pas ce que la traduction litérale laisserait entendre...)

Tortuga

            La route côtière vers Tulum est une succession de complexes hôteliers plus gigantesques les uns que les autres, certains pouvant accueillir jusqu'à 3000 touristes! Certes on ne voit pas grand-chose du Mexique quand on descend ici pour une semaine, mais pour se reposer d’une vie stressante à  l’occidentale, c’est la formule idéale dans un cadre de rêve. Et finalement, le Yucatan réussit son pari en conciliant les différentes formules: entre Cancun et Playa, c’est fiestas a gogo ; en descendant sur Tulum familial et relaxant ; et au sud, des plages désertes et des infrastructures un peu plus roots. Pourvu que les premiers n’avalent pas le troisième…
J’arrive le soir et après une heure de marche avec tout mon barda, je me pose directement sur la plage, à « El mirador ».


El Mirador


           La vue sur la plage et les cocotiers est superbe, par contre, le confort de la « cabaña » en bois est plutôt spartiate : le vent fait claquer la porte tenue par une simple cordelette et siffle a travers les rondins de bois. J’installe mon hamac a cote de ceux de Tony, new-yorkais échoué ici depuis quelques mois, et Franck, un allemand qui vient de quitter son job pour des vacances prolongées. Quelques canettes et conserves de « frijoles » gisent ci et la, entre les noix de coco fendues et les monticules de sable, mais le panorama idyllique et les senteurs marines me font vite oublier ces petits déchets. La mer n’est qu’à quelques mètres, je me laisse bercer par le resac tandis que la fatigue de mes dernières plongées m’achèvent dans mon confortable hamac.

Le paradis...


Mardi 14 mars : Mr Bean…
            Levé avec la lumière du jour, p’tit dej sur la plage déserte. Je réussis à m’arracher de ce spot de farniente idéal pour aller visiter le site de Coba. J’ai besoin de me changer les idées, et quoi de mieux qu’une bonne vieille citée maya a quelques heures de route.


Full moon party
           Encore enfouie sous la jungle, on se prend a jouer les Indiana Jones en s’aventurant sur les sentiers qui se perdent profondément dans la foret. A la sortie du site, je découvre deux crocodiles bronzant au soleil, je comprends a présent pourquoi personne ne se baignait dans le lac malgré la chaleur étouffante.
           Ce soir c’est full moon party sur la plage, mais avec Franck, on est plutôt d’humeur « discute » autour d’une bonne boite de frijoles, allongés dans nos hamacs. Et les fayots, ça crée des liens, il part demain pour le Belize et nous décidons de nous retrouver au Guatemala pour faire un bout de route ensemble.

Mercredi 15 mars : Linda Angelita
            Ceux qui me connaisse auront sans doute émis quelques réserves sur la fin du chapitre précédent. Je dois reconnaître que je n’ai pas sacrifié la full moon party uniquement a cause de la soirée frijoles et sur l’autel de la chère union franco allemande, mais surtout parce que deux belles plongées en cénote m’attendaient ce matin, notamment Angelita. On descend dans un puit de 60 m jusqu'à 40/45m. Le côté exceptionnel de cette plongée réside dans la couche de souffre délimitant l’eau douce de l’eau salée, plus dense. En approchant les 30/35m, on découvre un manteau neigeux, et des « brumes liquides » enveloppant les arbres morts venus se perdre dans ces profondeurs. Le spectacle est saisissant. Malgré nos lampes, nos corps disparaissent dans cette couche opaque pour resurgir quelques mètres plus bas dans l’eau salée, avec à nouveau une visibilité correcte. A la remontée, on s’imagine dans un film d’horreur de 2eme partie de soirée sur M6, nos silhouettes renaissant des brumes de l’inframundo maya.


Angelita

            De retour al mirador, je profite de ma plage de rêve pendant l’après midi, la mer descend tout doucement sans laisser la moindre trace, je m’assoupis...

Jeudi 16 mars : Coquillages et crustacés…
            Petit footing aux aurores le long de la plage au milieu de quelque touristes faisant leur gym, leur yoga ou savourant une saine lecture matinale. Mon bus pour la frontière part très tôt le lendemain matin, je déménage donc à regret pour une guest en ville en fin d’après midi.
            Un festival maya célébrant la récolte du maïs se tient en ce moment en ville, ce sera l’occasion d’aller taper quelques pas de danses. J’en profite pour sympathiser avec un prof de salsa avec qui nous échangerons musiques et vidéos. Chevere !

Vendredi 17 mars : Chetumal
            Bus pour Chetumal, ville sans charme proche de la frontière du Belize. Je rencontre Lisa, jeune hollandaise de 18 ans. Avant de s’attaquer a des études de psy, elle a décidé de fêter en solo son « baccalauréat » en Amérique centrale pendant quelques mois. Nous ferons la route ensemble jusqu'à Flores au Guatemala.

Samedi 18 mars : Mexique-Belize-Guatemala
            Apres 2 mois, l'aventure mexicaine touche a sa fin. On traverse la frontière avec un racket réglementaire de 100 pesos, dernier souvenir d’un pays réputé autant pour sa tequila que pour sa corruption. En accostant le Belize, le contraste est saisissant, on a presque l’impression de changer de continent : la langue de Shakespeare a triomphé de celle de Don Quijotte, les peaux se sont noircies avec l’arrivée d’esclave jamaïcains au XVII eme siècle, et la culture Garifuna dégouline dans toute les rues. Histoire de mettre les choses vraiment au clair, à peine passé la frontière, le chauffeur troque sa cassette de salsa contre une compile de reggae. No woman no cry…
            Un peu plus tard, quel ne fut pas ma surprise de voir monter dans le bus trois couples blancs, la cinquantaine, coiffés de chapeau de paille, arborant tous chemise à carreaux et salopettes à larges bretelles. Quant aux femmes, elles portent avec allure les dernières robes printemps/été, collection « la petite maison dans la prairie ». J’appris par la suite qu’il s’agissait des mormons du Belize, les mennotites. Leurs grands-grands-grands…parents ont quitté l’Allemagne au XVIeme siècle pour revenir a un protestantisme plus pur. Ils vivent maintenant quasiment en autarcie.
            Le dépaysement sera de courte durée puisque, quelques heures plus tard, nous quittons cet îlot de langue anglaise pour retrouver une terre hispanique, le Guatemala. Apparemment, plus que la langue, l’identité commune a ces pays hispanophones d’Amérique centrale semble être la corruption : comme au Mexique, le douanier essaye de nous soutirer quelques dollars. Faut pas pousser le bouchon (ni mémère dans les orties !), cette fois, je gueule : demande de reçu, discours classique « je suis déjà passe la semaine dernière j’avais rien paye, ça fait 5 ans que je fais des aller retours entre les deux pays » etc… finalement j’obtiens mon coup de tampon, « gracias, muy amable señor ».